Paulette NARDAL (1896-1985)
Depuis le début des années 1920, les ressortissants des collectivités Noires d’Afrique, d’Amérique et de la Caraïbe se côtoient à Paris et oeuvrent pour l’émancipation des Noirs en France et dans les colonies. Beaucoup, comme Paulette Nardal, René Maran ou le docteur haïtien Leo Sajous, revendiquent l’enrichissement culturel comme moyen d’émancipation. Ils fondent en 1931 à “La Revue du Monde Noir” 1 dont le programme se définit ainsi :
« Créer entre les Noirs du monde entier, sans distinction de nationalité, un lien intellectuel et moral qui leur permette de mieux se connaître, de s’aimer fraternellement, de défendre plus efficacement leurs intérêts collectifs et d’illustrer leur race ».
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Paulette Nardal, femme de lettres Martiniquaise
Paulette Nardal
Le film de Jil SERVANT (”Paulette Nardal, la fierté d’être négresse”, France, 2004, 52′) retrace le parcours de cette femme de lettres qui fut la première martiniquaise à étudier à la Sorbonne.2
Née en Martinique en 1896 à St-Pierre, elle fonde en 1931, avec le Haïtien Léo Sajous, “La Revue du monde noir”.3.
Paulette Nardal cherche à mettre en présence les diasporas noires, tient salon littéraire à Clamart, traite de l’émancipation des femmes et pose les prémices de la théorie de la négritude.
Première journaliste noire à Paris, elle est à l’origine de la reconnaissance de la culture noire dans la France de l’entre-deux guerres, et du rapprochement entre les écrivains noirs anglophones comme Hugues et Max Kay et francophones comme Maran, Césaire 4, et Senghor.5
Naissance et paradoxes du discours anthropologique africain
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Christiane Ede-pierre
LA MARTINIQUE DU XX SIECLE 100 ANS DE MEMOIRE Extraits du journal France-Antilles Hors série
- D’autres revues suivront : – Le 1er juin 1932 parut « Légitime Défense ». La revue était l’œuvre de membre insatisfaits de « La Revue du Monde Noire » et affichait un ton plus politique et moins littéraire.
- En 1934, Senghor, Césaire et Damas fondent la revue revue « L’étudiant Noir ». Leur but est de « Rattacher les Noirs à leur histoire, leurs traditions et leurs langues ».
Leïla Sebbar Journal de mes Algéries en France, Suite 14 (Juillet-Août 2008) [back]
- Chevalier de la Légion d’Honneur, Officier des Palmes Académiques, Commandeur de l’Ordre National de la république du SENEGAL [back]
- Léon Gontran Damas 1912-1978 Fréquente le Cercle littéraire de la Martiniquaise Paulette Nardal, secrétaire de La Revue du Monde Noir [back]
- Aimé Césaire, la passion du poète par Édouard Glissant, institut dut tout monde, Texte initialement paru le 17 avril 2008 dans Mediapart [back]
- Brent Hayes Edwards. The Practice of Diaspora: Literature, Translation, and the Rise of Black Internationalism African Studies Review 48.1 (2005) 199-202 [back]
Compagnie KÄFIG : “Terrain vague” (sur Numeridanse)
Mourad MERZOUKI : De l’école du cirque à la danse hip-hop…
Né à Lyon en 1973, d’origine kabyle, Mourad Merzouki débute dès l’âge de sept ans avec les arts martiaux et les arts du cirque. A quinze ans, sa rencontre avec la culture hip-hop l’emmène vers le monde de la danse. Il décide très vite de développer sa gestuelle hip-hop avec des objectifs plus professionnels, mais n’hésite pas dans le même temps à se confronter à d’autres langages chorégraphiques auprès notamment de Maryse Delente, Jean-François Duroure et Josef Nadj. La richesse de son parcours lui donne cette envie très forte de réaliser des projets artistiques, mêlant le hip-hop à son apprentissage de la scène et du spectaculaire, et c’est ce qu’il fait en créant en 1989, avec d’autres danseurs, sa première compagnie. En 1994, la compagnie présente Athina, lors de la Biennale de la Danse de Lyon, un véritable succès qui réussit à transposer le hip-hop de la rue à la scène, sans lui faire perdre sa véritable identité. Le premier voyage le conduit dans les camps de réfugiés en Croatie, pendant la guerre. Il fait l’expérience que la danse peut être un puissant moyen de communiquer dans des circonstances difficiles et extrêmes. Pour développer son propre univers artistique lié à son histoire et sa sensibilité, Mourad Merzouki décide de fonder, en 1996, sa propre compagnie KÄFIG. 1
Käfig qui signifie la cage, en allemand et en arabe, est également le titre de la première pièce que le chorégraphe présente aux “Rencontres urbaines de la Villette“, au cours desquelles il obtient déjà, une grande reconnaissance du public et des professionnels.
Käfig s’impose rapidement avec un style original, aux frontières de l’acrobatie, des arts martiaux, de la poésie et du rap.
Depuis 1996, Mourad Merzouki n’a eu de cesse de renouveler le langage du hip-hop, en le provoquant, en le détournant de son sens premier afin de le porter sur scène, avec une grande diversité chorégraphique, scénographique et esthétique.
TERRAIN VAGUE
Pièce de Mourad Merzouki
Avec Kader Belmoktar , Mourad Merzouki , Olivier Boyer , Vincent Gomez , David Soubies , David Rodriguez , Jennifer Suire , Carima Amarouche , Mickaël Arnaud , Rémi Autechaud
En 2006, Mourad Merzouki travaille sur sa création Terrain Vague. Ce spectacle, créé en janvier à la Maison de la Danse de Lyon, revisite un univers qui est cher au chorégraphe : le cirque.
Danseurs hip-hop et artistes issus du théâtre et du cirque partagent le plateau.
Terrain Vague : un lieu laissé à L’abandon et du coup un endroit ouvert, disponible où tout peut s’inventer.
Mourad Merzouki :
“Pour cette nouvelle création, j’ai réuni sur un même plateau ce qui fut ma première approche du spectacle : le cirque, ce qui est jusqu’à aujourd’hui mon moteur : la danse, et ce vers quoi je tends aussi : une certaine forme de théâtralité.
Les artistes qui partagent avec moi cette aventure sont danseurs, acrobates et comédiens. De cette somme d’individualités, forte de ses particularités, fusionne un groupe qui fait corps, au service d’une histoire. C’est autour de ce groupe que convergent toutes ces énergies, celle du hip-hop étant proche de celle du cirque.
Pour créer mon spectacle, je suis parti d’un lieu : le terrain vague. Une certaine nostalgie me lie à ce type d’endroit où chacun peut venir en toute liberté, construire, détruire, jouer, créer. Un endroit de passages, de rencontres, de vies… Plus jeune, c’était mon aire de jeux.
Considéré habituellement comme un « non-lieu » dans un paysage urbain divisé et concentré, où le sentiment d’étouffement domine, le terrain vague est aussi pour moi comme une bulle d’air, une respiration en dehors de toute contrainte extérieure. Un lieu où la vie s’insinue avec ses codes et ses règles propres, un lieu de tous les possibles. Un lieu à l’image des personnes qui y vivent,
marginalisées par le monde extérieur.Des personnes s’approprient le terrain, engagent des vies – des corps vivants mais fragiles – éphémères puisqu’elles se terminent par une évacuation. Un terrain désolé avant l’arrivée des machines, avant que ne commence le chantier, avant la destruction de la vie sociale qui existait là, de la nature qui avait poussé.
Je ne veux pas faire du spectacle une analyse sociale du « terrain vague ». Je le déplace sur scène et j’y montre d’une manière parfois burlesque et décalée comment se déroule la vie dans ce microcosme haut en couleur. Le décalage avec la réalité est volontaire. La précarité de la vie dans ce genre d’endroit est évidente mais c’est aussi de la force des relations qui se nouent dans ces lieux dont j’ai envie de parler dans le spectacle.
source : PARCOURS ARTISTIQUE DE LA COMPAGNIE KAFIG
(pdf) www.kafig.com
Numeridanse : La vidéothèque de danse en ligne
“Le projet Numéridanse, initié par la Maison de la Danse de Lyon et dirigé par Charles Picq, se donne pour objectif la constitution d’une base de données numérique d’informations audiovisuelles relatives au monde de la danse et de la chorégraphie. Il a pour but de rendre ces données accessibles au grand public, aux professionnels et au monde de l’éducation, à travers des outils spécifiques de présentation et de consultation qui respectent la qualité artistique des oeuvres et les droits de diffusion et d’accès aux contenus.”
Plaquette de la Maison de la Danse (pdf)
Extrait de “Terrain vague” de Mourad MERZOUKI sur Numeridanse
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“Retrouvant l’enfance, le chorégraphe renoue avec des sensations brutes toutes de chaleur, de partage et d’émulation. Son terrain vague est le paradis de la marginalité poétique, on y croise la petite vieille qui rentre des courses, la jolie fille qui enflamme le cœur tendre des loubards, les jeunes en mal de vivre, ceux qui dansent pour un peu de chaleur humaine.
À l’ombre d’une lune en carton-pâte, devant une toile peinte, autour d’un lampadaire posé là, au beau milieu d’une pelouse microscopique, un peu à l’étroit dans des vestes trop courtes, les chaussettes roulées sur les chevilles, les neufs interprètes, danseurs et circassiens, ne tiennent pas en place ! Leur danse est d’une virtuosité magnétique, mêlant les vocabulaires, inventant de nouveaux langages, invitant à de nouveaux partages. Comme ce jeune homme aux mains immenses qui dessine un nouvel alphabet avec son corps disloqué, le Terrain vague de Merzouki porte les espérances d’une nouvelle Babel, s’offrant à tous, car appartenant à chacun. ”
Terrain Vague direction artistique, chorrégraphie : Mourad Merzouki (Maison de la culture d’Amiens) 2007

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«Qu’il s’agisse de la danse, d’une virtuosité magnétique, des neuf interprètes tous en accès direct, de la musique au flux épais, du décor pseudo-réaliste avec sa palissade en bois, ce Terrain vague appartient à l’imaginaire de chacun.»
Rosita Boisseau – Le Monde
- 12 juin 2006 : Mourad Merzouki a reçu le prix « Nouveau Talent Chorégraphie » de la SACD.
14 juillet 2004 : Mourad Merzouki a été promu Chevalier des Arts et des Lettres par le Ministre de la Culture et de la Communication 30 mai 2004 : Mourad Merzouki a reçu le prix de meilleur jeune chorégraphe au Festival International de Danse de Wolfsburg en Allemagne [back]
Titi Robin
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Kali Sultana 2008
Anita 2006
Jivula 2006
Olé 2005
Ces vagues que l’amour soulève 2005
Alezane 2004
J’ai toujours considéré un disque comme une œuvre indépendante des contingences professionnelles (tournées, promotion…). C’est comme un bouquin que j’écris, et que j’imagine pouvoir être lu dans toutes les langues, dans des circonstances très diverses : la nuit, le jour, en voiture, sur la plage, au boulot, seul dans la ville, à l’heure de pointe, ou en amoureux au balcon d’une barre d’immeubles du quartier nord, à la terrase d’un bistrot, le dimanche matin, en bordure du marché aux fripes et légumes, ou bien près du puit d’un village rajasthani, à la tombée du jour, …et j’aimerais qu’il puisse être apprécié tout frais dès sa sortie comme dans cinquante ans, ou plus si affinité. L’histoire que ce livre raconte, c’est l’état de mon ciel le jour ou ma plume griffe la page. Plus on creuse, plus l’horizon s’élargit.
Georges Fourest

Qui était-il ? ” Ce poète, qui écrivait des vers fort peu bourgeois, vivait comme un bourgeois. Il avait des rentes provenant, je crois, de ses propriétés du Limousin et qui lui permettaient de mener une vie libre de lettré et de curieux. Il était bon père et bon époux, heureux dans sa famille et ne se signalait par aucune excentricité particulière. Au physique, on remarquait sa barbichette pointue et sa calvitie.
Mais si Georges Fourest aimait la blague, si ses vers sont souvent pleins d’humour noir ou de fantaisie légère, il était avant tout un lettré. Grand amateur des petits poètes du XVIIe siècle, Scarron, Saint-Amant, Colletet, d’Assoucy, qu’il reconnaissait pour ses prédécesseurs, il avait également une forte culture philosophique et même théologique (car cet iconoclaste qui plaisantait même sur sa propre mort était un catholique pratiquant). Amoureux des Belles-Lettres, il haïssait les sciences au point de donner dix francs à son fils quand celui-ci avait un zéro en mathématiques.
Claude Bonnefoy
source : Georges Fourest Editions Corti
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Les faux poèmes de Rimbaud dans la revue Le Décadent
Arthur Rimbaud dans le Décadent.
L’affaire a défrayé en son temps la chronique de la bohème littéraire de la fin du XIXème siècle.
“Les lettrés étaient à la recherche de ses œuvres perdues. C’est alors que l’idée nous vint de publier, sous sa signature, des sonnets du style décadent le plus pur, idoines, dirait Tailhade, « à exaspérer le Mufle ». Pour que la supercherie se couvrît d’une apparence d’authenticité, nous n’hésitions pas à les faire paraître mutilés. Et nous annoncions ainsi une édition prochaine des œuvres du maître, miraculeusement retrouvées”. 1
En cette fin de XIXème siècle, l’époque qui célèbre le retour aux vraies valeurs, cultive l’évidence, le sens commun, et la virilité pour défier les Prussiens, trouve dans les poètes inventeurs d’une nouvelle esthétique, des adversaires tout désignés. Les parodies de la décadence littéraire qui se veut avant tout un art anti-bourgeois se multiplient.
Dans les “Déliquescences” d’Adoré Floupette, on se moque du goût décadent pour les fleurs.
Lys ! Digitale ! Orchis ! Moutarde de Louit !
A l’évidence, c’est Mallarmé que l’on vise. 2
Oh ! sache l’Esprit de litige
A cette heure où nous nous taisons,
Que de lis multiples la tige,
Grandissait trop pour nos raisons.
Mallarmé (Prose pour des Esseintes) 3
Dans le n°34 du Décadent du 29 novembre 1886, paraît “Sonnet” – poème aux fortes références érotiques célébrant la virilité. Suivent cinq autres poèmes dont le sens voilé s’attache aux manifestations plus ou moins grotesque du corps : “Instrumentation, Les Cornues, Le Limaçon, Doctrine, Oméga blasphématoire”.
Oméga blasphématoire.
A bord de l’Alcidamure.
Gypris ne chante plus sur les ondes…
A l’Arbre de la Croix pendent les dieux latins,
Car l’Oingt est advenu… les roses
Pourpre hostiale dans le rousseur des matins.
Profusent l’Hystérie exsangue, les Nécroses
Et, sous un voile impur, tels rites clandestins,
Abimelech avec Melchissedech! Les proses
Vont clangorer, ce soir, par les naos éteints.
Jésus, pourquoi flétrir les Myrtes de la Grèce?
Aubes! jours exaltés de joie et d’allégresse
Où la Taure enfantait au contact d’Osiris!
Ah! si tu veux la Nuit douce, rends les Etoiles!
Moi je vais sur la mer en des canots sans voiles
Goûter l’Iode brun interdit aux iris.
Ce fut le dernier “faux Rimbaud”.
Le forfait fut signé “Mitrophane Crapoussin” :
Que le Cistre redonde et que jubilent nos cithares!…
Sigillées d’Arthur Rimbaud, d’Ernest Raynaud, de Maurice du Plessys, de Laurent Tailhade, maintes strophes ont fulguré que ces bons écrivains restituent pieusement au Maître admi-rabonde qui leur fit cette gloire de vêtir quelques temps leur personnalité.
Les Cornues, Oméga blasphématoire, etc., où se délectèrent nos féaux, appartiennent dans l’éternité au bienheureux :
MITROPHANE CRAPOUSSIN
dont la collaboration, à visage ouvert, nous est acquise désormais.
Mitrophane Crapoussin
“Mitrophane Crapoussin”, émule d’Adoré Floupette dans l’ordre de la supercherie littéraire 4, est un pseudonyme collectif inventé par Laurent Tailhade, Maurice du Pleyssis, Georges Fourest, et Ernest Raynaud, auquel furent attribués tous les “faux Rimbaud” publiés par Anatole Baju dans le journal “Le Décadent“. 5
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Bibliographie
Le Décadent, 1886-1888
Anthologie du pastiche, Léon Deffoux et Pierre Dufay, tome second, G.Grès, Paris, 1926.
Laurent Tailhade ou de la provocation considérée comme un art de vivre
Le Dandysme et la crise de l’identité masculine à la fin du xixe … Université de Montréal. Le Dandysme et la crise de l’identité. masculine à la fin du xixe siècle :. Huysmans , Pater, Dossi. Par. David Tacium …
- Révision : La ligne de fuite de Flao & Dabitch le blog de monsieur van der meulen, 22 octobre 2OO8 [back]
- Les déliquescences d’Adoré Floupette ou l’imitation crée le modèle Pierre Jourde in Romantisme année 1992, volume 22 n° 75 pp 13 – 20 [back]
- Essais sur Mallarmé [back]
- Henri Beauclair, rédacteur en chef du quotidien “Le Petit Journal” de 1906 à 1914 et collaborateur de nombreuses revues littéraires écrivit avec Gabriel Vicaire (1848-1900) les fameuses “Déliquescences” d’Adoré Floupette (1885), parodie de la poésie décadente qui déclencha quelques mois durant dans le monde littéraire parisien une violente polémique. [back]
- Supercheries littéraires par Jean-François Jeandillou, Michel Arrivé [back]
Vera Kholodnaya (1893-1919)
“Your fingers smell incense”

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From Alexander Vertinski to Vera Kholodnaya
Your fingers smell incense
Sorrow sleeps in your eyes
You need nothing in life.
And feel sorry for nothing.
Les débuts
“Shadow theater” was the third determinant passion of Vera Kholodnaya. When the film with the first cinema actress Asta Nilsen 1 appeared in Russia, the great Scandinavian became Vera’s idol. By the way, their acting styles were very similar. Both Nilsen and Kholodnaya tried to render drama with mimicry and poor gestures in contrast with twisting of hands as their colleagues used to do. Another reason of Kholodnaya playing in the cinema was the fact that her husband was drafted to the army in 1914 and the family needed money badly. When Vera entered the workshop “Timan and Reinhard” 2 for the first time she was offered to play insignificant roles in two episodes; the director saw nothing special in her talent and she left. After examining the video tape Timan gave Vera a letter of recommendation for their competitor, the director of “Khanzhonkin’s house”.
At that time the film “Song of triumphant love” after Tourgenev was shot: unusual, mystic beauty of a young actress met Bauer’s wishes (he was an ingenious Russian director). The actress impressed him so much that after filming he offered her a new role. Vera Kholodnaya won recognition of all the country. Nearly all films she was starring in were of “saloon cinema” genre. Vera played the roles of beauties overtaken by fatal love. Usually with fine death at the end.
In 1915 Kholodnaya, a famous actress learnt that her husband had been wounded and was at hospital. She left everything and went to Vladimir. She spent days and nights with him and literally saved him. The Kholodnys returned to Moscow together. Soon after that the leading actress Vera Kholodnaya went to Sochi to play her role in a film. Some time later Vladimir went to the front again.
He wrote a lot of letters to her. One of them was delivered by a man who would play a great role in Vera’s life. The man was Alexander Vertinsky who would be her devoted page, her close friend. She never had love affairs with him – Vera loved cinema and her husband – but their mutual tenderness was reflected in their performances and in romances written by Vertinsky for the actress…
Première star du cinéma russe

Vera Kholodnaïa fut la première véritable star du cinéma russe (puis soviétique). Entre 1913 et 1918, elle aurait tourné entre cinquante et cent films, dont une demi-douzaine seulement ont été conservés.
Vera Andreevna Levchenko est née le 9 août 1893 à Poltava. Elle fait ses études de danse classique au Théâtre de Bolshoi à Moscou. Elle fait ses débuts au cinéma en 1914 en tant que figurante avant de devenir l’une des premières vedettes du cinéma russe. Elle est morte à vingt-six ans à Odessa.
Chassé de Moscou par l’avancée de la révolution bolchévique, c’est sous le ciel de Crimée que s’est réfugié le cinéma muet de l’époque tsariste. Vera Kholodnaïa, la vedette du cinéma russe, une étoile du cinéma muet, est confrontée à la réalité de la lutte révolutionnaire. Le film ” L’esclave de l’amour” de Nikita Mikhalkov s’inspire de cette période de sa vie.
Officiellement, elle succomba en 1919 à la grippe espagnole dont la pandémie fit plusieurs dizaines de millions de morts au lendemain de la guerre mondiale. Il semble plutôt qu’elle ait été empoisonnée par son amant, un ambassadeur de France qui la soupçonnait de l’espionner pour le compte du gouvernement bolchévique. L’Esclave de l’amour (1976) de Nikita Mikhalkov s’inspire très, très librement de son histoire.”
“L’Esclave de l’amour” (1976) : un film de Nikita Mikhalkov inspiré de la vie de Vera Kholodnaya

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Drame de Nikita Mikhalkov, avec Ielena Soloveï (Olga Voznesenskaia), Rodion Nakhapetov (Pototski), Aleksandre Kaliagine (Kaliagine), Oleg Basilachvili (Youjakov), Evgeni Steblov (Kanine).
Scénario : Fridrich Gorenchtein, Andreï Mikhalkov-Kontchalovski
Photographie : Pavel Zebechev
Décor : Aleksandre Adabachian
Musique : Edvard Artemiev
Pays : U.R.S.S. (Russie)
Date de sortie : 1976
Technique : couleurs
Durée : 1 h 40
Synopsis
“Les années 1920, la guerre civile fait rage en Russie. Dans une petite ville du Midi occupée par les troupes blanches, une équipe de cinéastes de Moscou tourne un mélodrame intitulé « Esclave de l’amour ». Les vedettes en sont les stars du cinéma muet Olga Voznessenskaïa (réplique de la grande comédienne du début du siècle Véra Kholodnaïa) et le non moins brillant Maksakov. Le cameraman Victor Pototski photogra-phie en toute légalité les scènes d’arrestation et d’exécution sommaire que multiplient les hommes du contre-espionnage de l’armée blanche. Victor qui soupire après Olga, tente de faire voir à cette femme qui vit dans le luxe et ne s’intéresse pas à la politique la monstruosité des événements qui ravagent la Russie.”
* Esclave de l’amour (Raba lioubvi) 1975
“Ironiquement intitulé comme aurait pu l’être un des produits de cette époque, L’Esclave de l’amour est un film sur l’illusion, sur l’apparence. Plus qu’une description critique des milieux du cinéma en période tsariste, c’est une analyse, une remise en cause véritables du cinéma en tant que tel. Rôle de l’image, tantôt machine à rêves abêtissants, tantôt outil de lutte (la bobine de Pototski). Tragique ironie : c’est avec une balle à blanc, comme dans les films, qu’Olga croit tuer le policier. Jusqu’à l’assassinat de Pototski qui se déroule comme une scène de tournage, mais là la balle (les balles) est (sont) réelle(s). Voilà une œuvre aussi réussie que discrète, signe d’un heureux renouveau dans le cinéma soviétique.”
G.C. La Saison cinématographique, 1979.
Star the of silent movie era
“In 1915 Yevgeni Bauer was going to direct the film “Pesn torzhestvuyushchey lyubvi” (Song of Triumphant Love), a mystical love drama after Turgenev`s story and was looking for a woman of outstanding beauty. When Vera Kholodnaya was introduced to the director, he was spellbound and at once approved her for the role.
Song of Triumphant Love was a resounding success. Right after finishing the first film, impatient to wait till it was released, Yevgeni Bauer started making another movie starring Vera. That was a typical saloon melodrama under the title “Plamya Neba” (Flame of the Sky) about guilty love of a young woman married off to an old widower, and his son. In the end the lovers perish of a thunderbolt.
Flame of the Sky, though shot after Song of Triumphant Love was the first to go on screen and bring fame to Vera Kholodnaya. The next picture was “Deti veka” (The Children of the Age), a drama with pretensions to revealing social problemVera Kholodnaya, the Queen of Russian Silent Screens. This film is the earliest of the five extant works with the actress.
Tremendous success was Pyotr Chardynin`s tragic melodrama “Mirazhi” (The Mirages) (1916) (the film has come down to us), followed by the -fancy drama- “Krasota dolzhna tsarit v mire” (Beauty Must Reign in the World) by Bauer, melodrama “Ognenny Dyavo”l (Fiery Devil), and another melodrama “Zhizn za zhizn” (A Life for a Life)-
It was after this film, one of the most popular and successful in Vera Kholodnaya`s career she was titled -the Queen of Screen-. The author of this title was the great singer Alexander Vertinsky. He first appeared at the Kholodnys` in autumn of 1915, bringing a letter from Vera`s husband (who was fighting in World War I) and then visited her every day: he would simply come, sit down on a chair and look at her for hours- In 1916 Khanzhonkov`s company started making the film “Pierrot” with Vertinsky and Kholodnaya playing the leads. Unfortunately, for some reasons the film was not completed.
The beginning of 1917 saw the release of one of the best films by Vera Kholodnaya, namely “U kamina” (By the Fireplace) based on a popular romance. The tragic film about a family broken by a rich lover ends with the death of the heroine played by Vera Kholodnaya. The triumph of the drama outshined all the films shot in Russia before that.
However, there was no other film enjoying such a huge success as “Molchi, grust… molchi” (Be Silent, My Sorrow, Be Silent) (1918). At the same time there was probably no other film so much criticized, especially after the revolution. By the mid 1918 Vera KholVera Kholodnaya, the Queen of Russian Silent Screenodnaya turned from just a popular and admired actress into a true phenomenon of the Russian cinema.”
Vera Kholodnaya, the Queen of Russian Silent Screen
Preobrazhenskaya street, the monument of the famous silent cinema actress Vera Kholodnaya.
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Naissance du cinéma russe
“La première projection cinématographique, réalisée par les frères Lumière, eut lieu à Saint-Pétersbourg en 1896. Le tsar Nicolas II et la cour s’y intéressèrent vivement, ainsi que de nombreux écrivains (Gorki, Tolstoï) et compositeurs (Glazounov). Jusqu’en 1907, tous les films étaient importés ou réalisés par des cinéastes étrangers; premier cinéaste russe, Aleksandr Drankov, un photographe, entreprit à cette date l’adaptation de Boris Godounov de Pouchkine. Son second long métrage, Stenka Razine (1908), fut un grand succès populaire.
Au cours des dix années qui suivirent, la production, essentiellement consacrée à des films d’aventures et à des mélodrames, fut dominée par Drankov et par son rival Aleksandr Khanjonkov. Les principaux cinéastes de l’époque furent le prolifique Iakov Protazanov, Vladimir Gardine (Guerre et Paix, 1915, avec Protazanov) et Ievgueni Bauer, mort en 1917, l’une des personnalités artistiques les plus marquantes de cette période. Par ses décors, sa mise en scène, sa direction d’acteurs (Ivan Mosjoukine, Vera Kholodnaïa), il devait avoir une influence durable en URSS.
L’après-révolution
La période de 1917 à 1930 fut marquée à ses débuts par une exubérance féconde, tempérée par la montée de la répression. Les théories littéraires (les formalistes), artistiques (les constructivistes) et théâtrales (Stanislavski) influencèrent fortement les travaux théoriques des cinéastes. La production courante, mélodrames ou comédies, eut davantage de succès auprès du public que les oeuvres de haute qualité artistique, appréciées surtout des milieux intellectuels étrangers. Lénine, qui avait déclaré le cinéma «l’art le plus important», encouragea le mouvement sans bien en saisir la portée artistique. Les centres de production, studios d’État, coopératives, compagnies privées, «collectifs» et ateliers, rivalisèrent et s’opposèrent dans leurs films et leurs proclamations, notamment à propos du montage, procédé de prédilection du cinéma soviétique d’avant le parlant. La période fut dominée par Sergueï Eisenstein, cinéaste et théoricien génial, dont le Cuirassé Potemkine (1925) fut distribué dans le monde entier. Vsevolod Poudovkine connut la célébrité avec la Mère (1926), d’après Gorki, et Tempête sur l’Asie (1929), tandis que l’Ukrainien Aleksandr Dovjenko complétait un trio exceptionnel avec Zvenigora (1928), Arsenal (1929), puis la Terre (1930). À égalité, bien qu’il n’acceptât de s’en remettre qu’à la «vie prise à l’improviste», Grigori Kozintsev et Léonid Trauberg, fondateurs de la célèbre «Fabrique de l’acteur excentrique» (FEKS), furent également des auteurs de comédies (les Aventures d’Octobrine, 1924) et, plus tard, du classique la Nouvelle Babylone (1929). Lev Koulechov (les Aventures extraordinaires de Mister West au pays des Bolcheviks, 1924; Dura Lex, 1926) reste célèbre pour sa contribution à la théorie du montage. Le premier film soviétique parlant, le Chemin de la vie, de Nikolaï Ekk (1930) était une transposition des travaux du pédagogue Makarenko.
Petite histoire du cinéma russe
Le cinéma soviétique en Crimée
“Peu après la révolution d’octobre 1917, les principales maisons de production cinématographique sont allées s’installer dans le sud du pays, en Crimée, et ont continué à produire des films, notamment des adaptations littéraires comme Polikouchka (1919, sorti en 1922) d’Alexandre Sanine, inspiré d’une nouvelle de Tolstoï. Mais on vit aussi apparaître des thèmes devenus possibles après la suppression de la censure tsariste. Ce fut le cas du thème du mouvement révolutionnaire en Russie avec, par exemple, Le révolutionnaire de Evgueni Bauer. Le thème religieux fut de même très souvent abordé. Il a donné lieu souvent à des films critiquant l’église de façon caricaturale mais aussi parfois à une authentique réflexion sur des thèmes métaphysiques : Le Père Serge (Protazanov, 1918), Le Triomphe de Satan (Yakov Protazanov, 1917), Ceux qui mentent à Dieu (A. Tchargonine, 1917), Les Blanches colombes (N. Malikov, 1918), La Montagne des Vierges (La légende de l’Antéchrist A. Sanine, 1919).”
Le cinéma russe de 1914 à1923
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Films
“In 1917 the most popular film “Silence, melancholy, silence” was released. All stars of that time: Osip Rounich, Vitold Polonsky, Konstantin Khokhlov played in the story of a circus actress seduced by a rich man.
The Moscow committee didn’t approve the film; the plot was recognized “the pink of vulgarity” and the leadership of film studio was recommended to shoot more classical films. Her next role was Gypsy Masha of “Live Corpse” of Tolstoy. The screen version was the classics of Russian cinema. Vera was invited to Hollywood and Berlin, she refused.
When the actress first read the words of the romance “Your fingers smell incense” she asked Alexander Vertinsky to get rid of the dedication line. He complied with her request; the line appeared again after her death.”
Vera Kholodnaya, the Queen of Russian Silent Screen
Molchi, grust… molchi (1918) / 1
Be Silent, Sorrow, Be Silent (Molchi, grust… molchi ), a 1918 production about a circus artist who, while married to an alcoholic acrobat, is wooed by a wealthy admirer; Mirages, with a new score by the St. Petersburg electronic duo Yolochniye Igrushki; Children of the Century, in which the actress once again plays a married woman – this time, a clerk’s wife – pursued by a wealthy suitor; and Yevgeni Bauer’s 1916 romantic drama Zhizn za zhizn / A Life for a Life.”
Molchi, grust… molchi (1918) / 3
“Of her estimated 80 films only five survive: “Children of the Age” (1915), “The Mirages” (1916), “A Life for a Life” (1916), “The Living Corpse” (adapted from Tolstoy’s play, 1918), and “Be Silent, My Sorrow, Be Silent” (1918). In the chaotic months after the 1917 Revolution, stage director Konstantin Stanislavsky invited Kholodnaya to join his Moscow Art Theatre, but she remained faithful to producer Khanzhonkov and evacuated with his company to Odessa in February 1919. Two weeks later she died in the Spanish Influenza epidemic that was decimating the city. She was 25. Rumors that she was poisoned, either by a romantic rival or by the Bolsheviks, are still part of her legend. Thousands of grief-stricken fans attended her funeral, which was recorded for the newsreels; ironically, this footage has received wider circulation than any of her extant films. She was interred in the small chapel of Odessa’s First Christian Cemetery. As a leading pop culture symbol of the late Czarist era, Kholodnaya was discredited and her work banned by the new Soviet government.”
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Filmographie
Cinéma soviétique
27 août 1919 Décret de nationalisation du cinéma
1925 Le Cuirassé Potemkine (Bronenosec Potemkin), Sergueï Eisenstein
1926 La Mère (‘Mat’), Vsevolod Poudovkine
1927 Octobre (Oktjabr’), Sergueï Eisenstein
1928 Manifeste du contrepoint orchestral (Eisenstein-Poudovkine-Alexandrov)
1929 L’Homme à la caméra (Celovek kinoapparatom), Dziga Vertov
1930 La Terre (Zemlja), Alexandre Dovjenko
1933 Okraina, Boris Barnet
1934 Le Bonheur (Scast’e), Alexandre Medvedkine
Jdanov fixe les normes du réalisme socialiste
1939 Chtchors, Alexandre Dovjenko
1942-1944 Ivan le Terrible I (Ivan Groznyj), Sergueï Eisenstein
1944 L’Arc-en-ciel (Raduga), Mark Donskoï
1956 XXe Congrès du PCUS
1957 Quand passent les cigognes (Letjat zuravli), Mikhail Kalatozov
1962 Neuf Jours d’une année (Devat’ dnej odnogo goda), Mikhaïl Romm
1964 Les Chevaux de feu (Teni zabytyh predkov), Serguei Paradjanov
1965 Le Premier Maître (Pervyj ucitel’), Andreï Mikhalkov-Kontchalovski
1966 Andreï Roublev, Andreï Tarkovski
1967 La Chute des feuilles (Listopad), Otar Iosseliani
1973 L’Obier rouge (Kalina Krasnaja), Vassili Choukchine
1979 Quelques jours dans la vie d’Oblomov (Neskol’ko dnej iz zizni I.I.Oblomova), Nikita Mikhalkov
Le Thème (Tema), Gleb Panfilov
1983 Stalker, Andreï Tarkovski
1984 Repentir (Pokajanie), Tenguiz Abouladzé
1985 Va et regarde (Idi i smotri), Elem Klimov
Mon ami Ivan Lapchine (Moj drug Ivan Lapsin), Alexeï Guerman
1988 Les Jours de l’éclipse (Dni zatmenija), Alexandre Sokourov
1989 Le Syndrone asthénique (Asteniceskij sindrom), Kira Mouratova
1990 Bouge pas, meurs et ressuscite (Zamri-umri-voskresni), Vitali Kanevski
Photographies
- Asta Nielsen, bombe du muet Libération [back]
- ”Maiskaia noch’ ili utoplennitsa”, based on parts of Gogol’s novella “Maiskaia noch’ ili utoplennitsa”, directed by V. Krivtsov (Studio “Gloria”, Timan and Reingardt, Russia) see Russian and Soviet Screen Adaptations of Literature: A Catalogue 1907 – 1944 [back]





