Baiser de l’Hôtel de Ville

Robert Doisneau, “Baiser de l’hôtel de ville”
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ARTCURIAL Briest Poulain Le Fur vend le tirage original de l’héroïne du « Baiser de l’Hôtel de Ville » de Robert Doisneau le 25 avril 2005
Lundi 25 avril 2005 à 20h
à l’Hôtel Dassault
Exposition
Du vendredi 22 avril au lundi 25 avril 2005 de 11h à 19h
à l’Hôtel Dassault
Françoise Bornet, l’héroïne du mythique «Baiser de l’Hôtel de Ville » de Robert Doisneau, a décidé de se séparer de son tirage original.. Le photographe lui avait envoyé la photo portant son propre cachet au verso, en 1950, quelques jours après la prise de vue.
Cette photo légendaire, qui possède la plus belle provenance que l’on puisse rêver, sera vendue par Artcurial Briest Poulain le Fur le 25 avril prochain à l’Hôtel Dassault.
Elle est estimée entre 15 000 et 20 000 €uros.
En 1950, Robert Doisneau, après des débuts de photographe publicitaire, intègre l’agence Rapho. Le magazine américain « Life » lui commande un reportage sur les amoureux de Paris.
Robert Doisneau prend un verre dans un bistrot « Le Villars », dans le prolongement du boulevard des Invalides, près du cours Simon. Et tombe en arrêt devant un jeune couple d’amoureux. Ils sont beaux, ils s’aiment. Tous deux sont élèves du cours Simon ; le photographe demande aux élèves comédiens de poser : elle, c’est Françoise Bornet, lui Jacques Carteaud.
Un succès de légende
Le succès de cette icône de l’amour date de 1986, avec la commercialisation du poster. En 1992, cet instantané du bonheur s’est déjà vendu à 410 000 exemplaires. C’est un record mondial, un chiffre hors du commun quand on sait que les meilleures ventes tournent autour de 15 000 exemplaires.
Mais pour tout le monde, il s’agit d’une photo prise sur le vif, au hasard de la rue.
L’identité des amoureux revendiquée par un couple d’imposteurs
Nombreux sont les couples qui se reconnaissent dans ce baiser et écrivent à Doisneau. L’un d’eux ira jusqu’à revendiquer l’identité des amoureux.
En effet, le 14 février 1992, jour de la Saint-Valentin, les journaux télévisés montrent Jean et Denise Lavergne qui prétendent résolument être les protagonistes du « Baiser ». Ils disent même avoir eu une rencontre inoubliable avec Robert Doisneau.
En mai 1992, le couple Lavergne confirme à l’Express être bien les amoureux du « Baiser de l’Hôtel de Ville » ; la photo a été prise à leur insu.
Doisneau raconte : « C’est une histoire invraisemblable »
« C’est une histoire invraisemblable. Et elle continue plus de 40 ans plus tard” déclare Robert Doisneau, en 1992, au cours d’une interview à Télérama. Il y a même un couple d’imprimeurs d’Ivry qui fait profession d’être les amoureux de l’Hôtel de Ville. »
« Mais c’était une photo posée ? » demande le journaliste.
« Bien sûr ! répond Robert Doisneau. Je n’aurais jamais osé photographier des gens comme ça. Des amoureux qui se bécotent dans la rue, ce sont rarement des couples légitimes… »
Françoise Bornet, la femme du « Baiser » se fait connaître
Françoise Bornet est scandalisée. Restée silencieuse depuis plus de 40 ans parce qu’elle pensait que Doisneau préférait laisser croire que cette photo avait été prise sur le vif, et non posée comme ce fut le cas, elle décide alors de se manifester. Elle écrit à Robert Doisneau. Ils se rencontrent le 25 février. Françoise Bornet lui montre la photo ; il la retourne et voit au verso son propre cachet de l’époque et la référence au crayon du négatif : n°21.039.
« Il n’y a aucun doute, c’est vous ! », déclare le photographe. Françoise Bornet comprend que Doisneau a laissé planer une ambiguité vis à vis des Lavergne.
Jacques Carteaud l’homme du baiser, sort de l’ombre
Le 3 janvier 1993, Jacques Carteaud, viticulteur dans le Vaucluse, déclare au journal télévisé de France 2, être le second protagoniste du « Baiser ».
Il témoigne dans le Monde du 4 janvier : « J’ai eu un choc en regardant le poster, car je me suis reconnu comme j’ai reconnu Françoise, ma protagoniste… je possède toujours le costume que je portais sur le cliché….»
Le 9 janvier, il écrit à Françoise Bornet : « Ma chère Françoise – Minouche, mon beau souvenir… »
Le 12 janvier, le Los Angeles Times publie un article intitulé : « Kiss and Tell », par Robert Tempest, avec pour légende, sous la photo du « Baiser » : « Le Baiser de l’Hôtel de Ville » wound up on thousands of posters and postcards, pulling down a small fortune for its maker. »
Jacques Carteaud déclare : « I recognized Françoise and me in the photo ; without any doubt, it’s us. I remember it as a time when I called her my little pussycat’ and we were great lovers. »
Le 14 janvier, cet article est repris presque intégralement par l’édition internationale du Herald Tribune.
Le 19 janvier, Madame Rosine Margat, directrice du cours Simon, reconnaît sur la photo du « Baiser » ses deux anciens élèves : Françoise Bornet et Jacques Carteaud.
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Françoise Bornet, aujourd’hui âgée de 75 ans, l’avait reçue quelques jours après la prise de vue. Le photographe lui a envoyé le cliché en noir et blanc qui porte au verso son propre cachet et le numéro de tirage.
«Le baiser de l’Hôtel de Ville» sera publié en 1950 par le magazine américain «Life» qui avait commandé à Doisneau un reportage sur les amoureux de Paris. Ce baiser que le photographe semble avoir volé devient célèbre en 1986 quand il sort en poster, déjà vendu six ans plus tard, en 1992, à 410.000 exemplaires, un «record mondial», selon Artcurial.
Robert Doisneau avait croisé les deux jeunes gens quelques jours plus tôt, à la terrasse du Villars dans le quartier des Invalides près du cours Simon, dont ils étaient élèves. Le photographe leur a demandé de poser pour lui, ce qu’ils ont fait quelques jours plus tard.
La photo est posée, «mais le baiser est vrai», a récemment confié Françoise Bornet par téléphone à l’Associated Press. Elle avait 20 ans à l’époque, sa romance avec Jacques Carteaud, aujourd’hui disparu, n’aura duré que quelques mois, mais le couple allait devenir un symbole.
La septuagénaire a expliqué qu’elle vendait ce tirage, mais aussi son appartement et de nombreuses possessions afin de financer une maison de production qu’elle compte ouvrir avec son mari, un réalisateur
L’héroïne du «Baiser de l’Hôtel de Ville» vend son tirage aux enchères
AP | 24.04.05 | 19:29
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“L’un des très rares tirages originaux du “Baiser de l’Hôtel de Ville” (1950) de Robert Doisneau a été l’objet d’enchères passionnées, lundi 25 avril, à Paris. Cette véritable icône de la photographie, illustrant l’amour et signée du photographe, a été vendue pour un montant record de 155 000 euros (hors frais) à un Suisse, qui n’a pas tenu à se faire connaître. La maison Artcurial Briest-Poulain-Le Fur, qui organisait la vente, avait d’abord estimé cette photographie originale entre 15 000 et 20 000 euros”.
Enchères passionnées pour le “Baiser de l’Hôtel de Ville”
Le Monde 26.04.05
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