Kikou Yamata : Madame Chrysanthème

Madame Chrysanthème

Kikou Yamata (1897-1975) est une écrivaine française de père japonais.

“Après une enfance passée à Tokyo, elle fait, à 26 ans, son entrée dans les salons littéraires parisiens et devient vite “la” Japonaise pour la société parisienne de l’époque, d’autant plus qu’elle parle un français parfait: les habitués des salons de Mme. Lucien Muhlfeld ou de la duchesse de la Rochefoucauld se passionnent pour les explications que “Mademoiselle Chrysanthème” (=kikou, en japonais) donne sur le Japon, pays alors surtout connu en France au travers des romans de Pierre Loti”.

photo : Biographie
de Kikou Yamata par Christophe Birades

Dédicace de “Madame Chrysanthème”

À MADAME LA DUCHESSE DE RICHELIEU

Madame la duchesse, Veuillez agréer ce livre comme un hommage de très respectueuse amitié.

J’hésitais à vous l’offrir, parce que la donnée n’en est pas bien correcte ; mais j’ai veillé à ce que l’expression ne fût jamais de mauvais aloi, et j’espère y être parvenu.

C’est le journal d’un été de ma vie, auquel je n’ai rien changé pas même les dates, je trouve que, quand on arrange les choses, on les dérange toujours beaucoup. Bien que le rôle le plus long soit en apparence à madame Chrysanthème, il est bien certain que les trois principaux personnages sont Moi, le Japon et l’Effet que ce pays m’a produit.

Vous rappelez-vous une photographie – assez comique, j’en conviens – représentant le grand Yves, une Japonaise et moi, alignés sur une même carte d’après les indications d’un artiste de Nagasaki ? – Vous avez souri quand je vous ai affirmé que cette petite personne, entre nous deux, si soigneusement peignée, avait été une de mes voisines. Veuillez recevoir mon livre avec ce même sourire indulgent, sans y chercher aucune portée morale dangereuse ou bonne, – comme vous recevriez une potiche drôle, un magot d’ivoire, un bibelot saugrenu quelconque, rapporté pour vous de cette étonnante patrie de toutes les saugrenuités…

Avec un grand respect, madame la duchesse, votre affectionné,

Pierre Loti.

Japanese dolls

Pierre Loti (right) and Madame Chrysanthème
(…) the French author Pierre Loti rose to fame in 1888 with another immensely popular work about Japan, his novel Madame Chrysanthème. It is the story of a sailor who “marries” and abandons a Japanese girl, Kiku-san, and of their brief life together in Nagasaki. Loti’s moody, cynical but romantic style shed a new light on Japan, and may also have established a basic metaphor for Westerners talking about Japan: the people are like dolls or marionettes, their houses and utensils are dolls’ houses, dolls furniture, etc. Whereas Gilbert and Sullivan found in second-hand impressions about Japan as a subject for laughter, Loti had been to Japan and said that indeed the country seemed “made to amuse” with its not-quite-human scale and manners.

Japanese Dolls in Western Literature, Opera, and Ballet

Exoticized and Sexualized Images of the Far East (adapted for the internet from) Invented Asia: Mimicry and Counter-production in the Arts
(c) by Patricia Lin

Dedication of “Madame Chrysanthème”

To Madame la Duchesse de Richelieu

MADAME LA DUCHESSE,

Permit me to beg your acceptance of this work, as a respectful tribute of
my friendship.

I feel some hesitation in offering it, for its theme can not be deemed altogether correct; but I have endeavored to make its expression, at least, in harmony with good taste, and I trust that my endeavors have been successful.

This record is the journal of a summer of my life, in which I have changed nothing, not even the dates, thinking that in our efforts to arrange matters we succeed often only in disarranging them. Although the most important role may appear to devolve on Madame Chrysantheme, it is very certain that the three principal points of interest are myself, Japan, and the effect produced on me by that country.

Do you recollect a certain photograph–rather absurd, I must admit– representing that great fellow Yves, a Japanese girl, and myself, grouped as we were posed by a Nagasaki artist? You smiled when I assured you that the carefully attired little damsel placed between us had been one of our neighbors. Kindly receive my book with the same indulgent smile, without seeking therein a meaning either good or bad, in the same spirit in which you would receive some quaint bit of pottery, some grotesquely carved ivory idol, or some fantastic trifle brought to you from this singular fatherland of all fantasy.

Believe me, with the deepest respect,
Madame la Duchesse,
Your affectionate
PIERRE LOTI
.

Project Gutemberg

Madame Chrysantheme by Pierre Loti, v1

Madame Chrysantheme by Pierre Loti, v2

Madame Chrysantheme by Pierre Loti, v3

Madame Chrysantheme by Pierre Loti, v4
______________

KIKOU YAMATA (1897-1975)

“Le reportage de Danielle et Yves Mahuzier sur le Japon nous entraîne sur les traces de deux Franco-Japonaises parties à la recherche de leur double culture.Marie-Kikou, notre contemporaine, est une jeune bachelière née de père française et de mère japonaise, et tout imprégnée des œuvres littéraires de Kikou Yamata, née à Lyon en 1897″.

Le Japon que j’aime Mahuzier Daniel , Mahuzier Yves
Editeur / Edition : Solar
Date de parution : 14/09/2000
Pages : 232 pages
ISBN : 2263030514

« Un théâtre de mots », (Kotoba no geki) traduit par Gohira Takashi, Bungaku 57, Iwanami Shoten, Tôkyô, 1989. Thierry Maré, Professeur

Histoire de la traduction des œuvres de Flaubert au Japon par Tomoko MIHARA

Histoire de la littérature japonaise (pdf) sur le site Genmaicha

Les 10 meilleurs livres de littérature japonaise traduite La page de Christophe Birades

Japanese Grammar

Le Vieil Etang

Le Japonisme en architecture Travail Personnel de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’architecte soutenu en juin 1993 à l’Ecole d’Architecture de Normandie – Darnétal par Agnès Salacroup

Comme l’écrivait Conrad Meili (1895-1969), peintre suisse et mari de Kikou Yamata (1897-1975 – fille d’un diplomate japonais et d’une Française): «avec le catéchisme et la théologie, furent enseignées la peinture, la gravure sur métal et la musique». En 1799, cette influence occidentale était toujours présente, le peintre Hokusai (1760-1849) donnait le sous-titre «Cahier d’études de style Hollandais» à ses «Huit vues de Eddo». Le paysage réaliste occidental, hollandais puis français et italien, a intéressé des artistes japonais notamment pour la perspective.

Le Haïku et le monde André Duhaime

Venice biennale : A Stroll Through the Garden written by Lynn del Sol
June 20th 2005 at Creative Thriftshop

Si vous avez apprécié cet article, s'il vous plait, prenez le temps de laisser un commentaire ou de souscrire au flux afin de recevoir les futurs articles directement dans votre lecteur de flux.

Commentaires

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

(requis)

(requis)




Navigation : Home » Journal » Blog article: Kikou Yamata : Madame Chrysanthème