Solitude de la pitié

“Dans la Suède de la fin du XIXe siècle, Bolle, artisan cigarier d’une trentaine d’années, sensible et d’esprit farouchement indépendant, voit son métier menacé d’extinction par l’invasion des machines à cigarettes. Son savoir-faire devenu inutile, et parce qu’il ne peut se résoudre à aller lui aussi «prendre place dans le vacarme des usines», il se fait vagabond”.

«le chemin devient un fleuve de promesses qui s’engouffre par leurs yeux et ressort par leurs talons, un fleuve de promesses qui est son propre but: l’accomplissement de soi-même».

La Société des Vagabonds, de Harry Martinson

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« Il faut, je crois, voir, aimer, comprendre, haïr l’entourage des hommes, le monde d’autour, comme on est obligé de regarder, d’aimer, de détester profondément les hommes pour les peindre. Il ne faut plus isoler le personnage-homme, l’ensemencer de simples graines habituelles, mais le montrer tel qu’il est, c’est-à-dire traversé, imbibé, lourd et lumineux des effluves, des influences, du chant du monde. Pour qui a vécu un peu de temps dans un petit hameau de montagne, par exemple, il est inutile de dire combien cette montagne tient de place dans les conversations des hommes. Pour un village de pêcheurs, c’est la mer ; pour un village des terres, ce sont les champs, les blés et les prés. On ne peut pas isoler l’homme. Il n’est pas isolé. Le visage de la terre est dans son coeur. Pour faire ce roman, il ne faudrait que des yeux neufs, des oreilles neuves, des chairs nouvelles, un homme assez meurtri, assez battu, assez écorché par la vie pour ne plus désirer que la berceuse chantée par le monde. »

Jean Giono, Solitude de la pitié, 1932

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La littérature à la place des yeux – Jean Giono & Harry Martinson

Présentation autour d’un verre du numéro 5 de la revue Marginales (éditions Agone) en présence des intervenants à la journée du 4 février (Philippe Geneste, Jérôme Meizoz, Nicolas Offenstadt, et François-Noël Simoneau). Librairie l’odeur du temps – 35 rue Pavillon – 13001 Marseille

Harry Martinson
Heldagsseminarium på biblioteket i Marseille, Frankrike. Förlaget Marginales/Agone, som tidigare givit ut flera översättningar av Harry Martinsons verk bl.a. Aniara 2004, ger ut ett specialnummer av sin tidskrift ägnat en jämförelse mellan

harrymartinson.org

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