Jacques Callot (1592 – 1635)


CALLOT (Jacques), peintre et graveur, né à Nancy en 1593, mort en 1635, était le onzième enfant de Jean Callot, premier héraut d’armes de Lorraine. Son grand-père, Claude, avait épousé une petite-nièce de la Pucelle d’ Orléans, et, pour sa bravoure, avait été anobli par le duc de Lorraine Charles III.

(…) Un beau jour, le désir de voir l’Italie, dont on lui parlait tant, le saisit au cœur; il part, avec ses douze ans ; il marche droit devant lui, couchant sur la paille fraîche, sur le grabat du cabaret, quelquefois, sans doute, à la belle étoile, mais libre, s’enivrant par les yeux du plus pittoresque des spectacles, le va-et-vient du voyageur sur les routes de la Suisse et du Milanais. A Lucerne, il est recueilli par une troupe de bohémiens. Le hasard a parfois la main heureuse. Callot, enfant choyé par des bohémiens les illustrera un jour… A Florence, Callot quitta ses bohémiens.

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N° 2775 – La halte des bohémiens (les apprêts du festin) Planche 4 de la suite les Bohémiens

Eau-forte rehaussée de burin. Epreuve sur vergé filigrané “double C ” , du 2eme état, avec la signature gravée de l’artiste. 125 x 235 [165 x 270 mm]. Lieure 377-ii/ii.

(…)

Il entra à l’atelier de Thomassin, vieux graveur français, qui s’était fixé à Rome. La gravure était encore un art au berceau ; hormis Albert Durer et quelques artistes flamands, tous les graveurs prenaient pour modèle et pour maître Thomassin. Avec un talent assez médiocre, il avait fait fortune à Rome. Il gravait des sujets religieux, ça et là un sujet profane… Callot s’ennuyait parfois de toujours graver des saints en extase ; alors il lâchait la bride à son imagination et retrouvait ses bohémiens, les routes superbes de la haute Italie, le soleil, la liberté, l’imprévu sous toutes les formes. Il donnait le premier trait à sa cour des Miracles, à cette grande œuvre légère et profonde, bouffonne et sérieuse, plus triste que gaie, qu’il nous a laissée pour étude… Callot ne grava bientôt plus qu’à l’eau-forte. Dans ce genre de gravure, une découverte le servit beaucoup : il trouva que le vernis des luthiers, qui sèche à l’instant, allait mieux à son travail que le vernis mou, laissant au graveur le loisir de garder ses planches inachevées et de mieux creuser le trait. Il rencontra Alphonse Parigi, peintre ordinaire du grand-duc et l’aida dans ses travaux puis il se lia avec les peintres Stella et Napolitain et peignit, à Florence, quelques sujets dans le style flamand : la Vie du soldat, douze petites toiles bien connues par les lithographies qu’on en a faites. [mais] il ne faut pas s’y méprendre, Callot n’a jamais été un peintre… Il demeura dix ans à Florence.

Cosme II étant mort, Ferdinand lui accorda également sa protection. Comme les beaux génies du grand-duché, il portait une médaille d’or suspendue à une chaîne précieuse. Durant ces dix années de labeur, il grava, entre autres sujets dignes de son talent : le Puits et le purgatoire, le Voyage de la Terre sainte, le Massacre des innocents, la foire de l’Imprunetta 1, la Grande passion, la Vie du soldat, et mille autres fantaisies charmantes et grotesques, toujours originales. Ces planches sont presque toutes des merveilles de l’art ;

(…)

Callot revint à Nancy, s’y maria avec une veuve, Catherine Kuttinger, et il devint dévot ; il passait tous les soirs une heure en prière. Son talent avait un immense retentissement. A Paris, à la cour même, on admirait ses prodigieuses fantaisies. Louis XIII, près de partir pour le siège de La Rochelle, voulut que le graveur lorrain fît partie de sa suite. Jacques Callot obéit, mais sans plaisir. Après le siège, il revint à Paris achever les gravures de ce fait d’armes. Il fut logé au Luxembourg, où il retrouva son ami Israël Silvestre, et où il se lia avec quelques décorateurs du palais, tels que Rubens, Simon Vouet, Poussin, Philippe de Champagne et Lesueur. Malgré ces amitiés illustres, il quitta Paris ; Nancy l’attirait. La Lorraine était heureuse : les beaux règnes de Charles III et d’Henri II avaient fait prospérer le duché. Toutefois, Charles IV avait dévié de la sage politique de ses deux prédécesseurs, et le grand cardinal de Richelieu épiait le moment de lui ravir sa couronne.

Callot continuait alors sa grande et triste épopée qui a pour titre : les Misères et malheurs de la guerre, le plus éloquent réquisitoire qu’on ait formulé contre cet horrible fléau, et où il déploya un incomparable talent. Ce fut aux portes du tombeau que Jacques Callot exécuta ce chef-d’oeuvre qui s’appelle la Tentation de saint Antoine, poëme burlesque et grandiose, dont presque toutes les pages sont dignes de l’Arioste et de Dante. A ses derniers jours, il eut comme un ressouvenir de jeunesse, et, avec tout le feu de ses meilleures années, il grava la planche connue sous le nom de la Petite treille 2. Callot mourut le 25 mars 1635, âgé de quarante-deux ans. On lui éleva un tombeau fastueux parmi les sépultures de la famille des ducs de Lorraine, tombeau surmonté d’une pyramide où était suspendu le portrait de l’artiste, peint sur marbre noir par son ami Michel Lasne.”

[Source : Jacques Callot Nancy Galerie Laurencin - Article du Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse (1817-1875) ]

Biographie

Jacques CALLOT (Nancy, 1592 – 1635) Université de Liège (Belgique) – Collections artistiques – Florilège

1592 : naissance à Nancy de Jacques Callot
1609 : Jacques Callot arrive à Rome. Il apprend la gravure dans l’atelier de Philippe Thomassin, éditeur et graveur. Tempesta l’initie à l’eau-forte. 3
1612 : Callot est à Florence, où il travaille chez Giulio Parigi et perfectionne sa technique de la gravure à l’eau-forte.
1617 : Callot découvre chez des orfèvres un vernis dur à séchage rapide et très résistant à l’attaque de l’acide. Il devient l’un des maîtres de cette technique qui va révolutionner l’art de la gravure.
1621 : à la mort du grand-duc Cosme Il de Médicis, Callot rentre en Lorraine. A Nancy, il diffuse par la gravure ses souvenirs de ta vie florentine, et illustre, entre autres, des sièges de villes.
1627-1629 : Séjour aux Pays-Bas
1629-1631 : Callot séjourne à Paris, appelé par Louis XIII qui tente de l’attacher à son service en lui allouant une pension de 1000 écus.
1631 : réinstallation à Nancy
1635 : Jacques Callot meurt à Nancy le 28 mars.

Jacques Callot on the Internet (USA, Artcyclopedia)

Jacques Callot Galerie Troncin Denis
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Histoire de la gravure

Arts : Les Temps Modernes – Le 17° siècle

l’essentiel sur les estampes… Galerie Laurencin : voir Jacques Callot

La Taille-douce à Paris au XVIIe siècle ou “La fortune de la France” par Maxime Préaud

Estampes de l’Ecole des Chartes Jacques Callot

Jacques Callot’s etchings

Jacques CALLLOT depicted consequences of war on noncombatants caught up in 30 Years War in etchings “The Beggars“, “The Bohemians” (or “Gypsies”) (probably disbanded mercenaries, other veterans, deserters, and camp followers) and also material which would be used later in series of panels known as”The Miseries of War” and the large “Miseries of War” (1632-33).

Jacques CALLOT (1592-1635) and the miseries of the Thirty years war November 7, 2003


  1. Gravure de Jacques Callot (Nancy 1592-1635) : “La foire de l’Imprunetta” (1ère version) :Voir planche de cuivre dans ce musée et au Musée Historique Lorrain [back]
  2. “Figurez-vous une troupe de paysans attablés sous un berceau de vignes, à la porte d’un joyeux cabaret de village, célébrant par un baiser à leurs belles chaque broc de vin clairet qu’ils vident en chantant. C’est un dimanche après vêpres, le soleil descend à l’horizon, toute la nature est en fête, les oiseaux chantent sur les branches touffues où serpente la vigne en fleur; sous les grands ormes frémissans, le ménétrier agace son violon pour appeler les filles. En voyant la joie sereine de ces buveurs, on se demande si le bonheur est au fond de leurs brocs, sur la lèvre de leurs belles, dans l’épanouissement de la nature. On s’arrête à ce tableau avec un charme infini, on prendrait, sans se faire prier, une place à la table rustique, on rejetterait sans regret sa petite part de vanité, pour respirer sous cette treille enchantée. Qui sait si Callot, désabusé de tout, n’a pas écrit là en mourant son dernier rêve? ” – Jacques Callot Revue des Deux Mondes, août 1842, tome 31 ; fr.wikisource.org

    Callot, Jacques (1592-1635). La petite treille/The Little Trellis. etching. Includes a woman playing a harp and a man playing a chitarrone (perhaps a colascione). (H. Daniel. Callot’s Etchings. New York 1974. fig. 338) [back]

  3. [back]

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