Aesthetics : the politics of laisser-faire

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Laissez-faire aesthetics is fundamentally anti-dialectical, not only because there is no acknowledgment of the need to comprehend the divergent implications of our attraction to high art and popular culture, but also, strangely enough, because there is a refusal to accept the very existence of competing forces. There is no struggle with distinctions because there is no recognition of distinctions. The result is a flattening of all artistic experience.
The New Republic – February 5, 2007 What money is doing to art, or how the art world lost its mind. Laissez-Faire Aesthetics by Jed Perl, The New Republic, 01.30.07 Issue date 02.05.07
Art, Politics and Popularity
Jacques Rancière, renowned philosopher, and Emeritus Professor, University of Paris VIII, whose most recent publication, The Politics of Aesthetics, has won critical acclaim, discussed aesthetics and politics with Brian Dillon, Writer, Art Critic and frieze Columnist. If art is political, what is its constituency? How have modern and contemporary art addressed the idea of a people? How has the relationship between aesthetics and democracy been reconfigured ?
Art, Politics and Popularity (1hr 05mins, 11mb, mp3) FRIEZE
Elie During : « Le malaise esthétique » Article paru dans Art Press, n°306, novembre 2004 / Published in Art Press, n°306, november 2004 1
“Tournant éthique”
DZ Vous pointez une nouvelle menace, ce que vous appelez le « tournant éthique », qui pèse à la fois sur l’esthétique et la politique.
Jacques Rancière J’appelle ainsi la manière, constatée d’un point de vue théorique, pratique et artistique, de recoder les conflits politiques en termes de destin de civilisation. Cela prend des formes diverses : la transformation des conflits politiques en lutte entre le bien et le mal ; la vision de la société contemporaine comme s’il existait une menace jetée sur la tradition de la transmission humaine par le règne de l’individualisme et la perte du lien social, etc. Sur le plan de l’art, cela se manifeste sous un double aspect : il y a l’aspect consensuel de l’art restaurant les liens sociaux ou redonnant à l’homme une « place dans le monde » ; et il y a, à l’inverse, le dissensus exacerbé, devenu l’affrontement de la catastrophe immémoriale. Je pense à Lyotard avec sa théorie du sublime, qui a transformé la pensée moderniste de l’avant-garde en témoignage de la dette infinie de la créature à l’égard de l’Autre et à tous ces discours qui vouent l’art à la méditation interminable sur le grand crime totalitaire. On met alors la déchirure sublime et le grand drame de civilisation à la place du conflit politique et de l’expérimentation artistique.
Jacques Rancière : « Les territoires de la pensée partagée ». Entretien espacestemps.net Jacques Lévy, Juliette Rennes et David Zerbib

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John Dewey, Art As Experience (New York: Capricorn Books, 1934) 2
- Le dernier livre de Jacques Rancière, Malaise dans l’esthétique (Galilée, 2004), se présente à la fois comme un essai sur les contradictions et les impasses politiques de l’art contemporain, et comme une critique du dévoiement de la politique elle-même à l’âge du consensus, prolongeant les réflexions exposées dans La mésentente et Aux bords du politique. Deux thèses fortes s’en dégagent, qui peuvent s’énoncer simplement. [back]
- “Dewey famously questions the tendency of some institutions, such as museums, or, by implication, schools (no doubt including colleges and universities) to claim a lion’s share of legitimate authority to define and exalt what is of genuine artistic and aesthetic value.[6] By refusing to make the aesthetic a province of any narrow realm of community, Dewey seeks to liberate us from the tyranny of illegitimate authority of this type. In pursuing these goals, Dewey is simultaneously pursuing democratic community.” Democracy and Education: Some Deweyan Issues Edward Sankowski University of Oklahoma , 1997 [back]
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Jacques Rancière J’appelle ainsi la manière, constatée d’un point de vue théorique, pratique et artistique, de recoder les conflits politiques en termes de destin de civilisation. Cela prend des formes diverses : la transformation des conflits politiques en lutte entre le bien et le mal ; la vision de la société contemporaine comme s’il existait une menace jetée sur la tradition de la transmission humaine par le règne de l’individualisme et la perte du lien social, etc. Sur le plan de l’art, cela se manifeste sous un double aspect : il y a l’aspect consensuel de l’art restaurant les liens sociaux ou redonnant à l’homme une « place dans le monde » ; et il y a, à l’inverse, le dissensus exacerbé, devenu l’affrontement de la catastrophe immémoriale. Je pense à Lyotard avec sa théorie du sublime, qui a transformé la pensée moderniste de l’avant-garde en témoignage de la dette infinie de la créature à l’égard de l’Autre et à tous ces discours qui vouent l’art à la méditation interminable sur le grand crime totalitaire. On met alors la déchirure sublime et le grand drame de civilisation à la place du conflit politique et de l’expérimentation artistique.


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