Mireille Havet (1898-1932)

Apollinaire l’appelait la “petite poyétesse”


Je suis un jouet entre les mains, les lèvres des foules, où mon nom, ma petite identité qui aspirait au lyrisme est balancée comme un numéro de foire, une attraction vernie qui ne coûte pas cher. Je suis une barque haletante et fracassée sur la mer sans étoile, où nous naviguons de compagnonnage avec les lames mauvaises, lourdes comme l’huile, et les petits poissons changeants qui se cachent dans la lune selon les marées. Hélas !…1

photo : Mireille Havet en 1917 Ph. Choumoff. © Coll. particulière. Éd. Claire Paulhan

Texte extrait du Journal de Mireille Havet. L’ensemble de ce Journal sera publié en 4 tomes : 1913-1919, 1919-1924, 1924-1927 & 1927-1930.

Dossier de presse : Mireille Havet [de Soyecourt] 1898-1932

_________________

“Née en 1898 à Médan, le village de Zola, fille d’un artiste mélancolique, Mireille Havet recherchait l’amour (des femmes, sans trop s’expliquer pourquoi). Brûlant sa vie par les deux bouts, elle abusa de la drogue, du sexe. A sa mort à l’âge de 33 ans, elle laisse des poèmes publiés par Apollinaire, un récit préfacé par Colette, une apparition au théâtre – dans Orphée, Jean Cocteau lui a fait jouer le rôle de la Mort – et Carnaval, le roman applaudi en 1922 par André Gide et René Crevel. Un chef-d’oeuvre fut longtemps ignoré: son journal, miraculeusement retrouvé et dont l’intrépide Claire Paulhan a édité le troisième tome en 2008.

Il fallait aussi le courage et le brio d’Emmanuelle Retaillaud-Bajac, auteur de cette époustouflante biographie publiée chez Grasset, pour pousser les feux autour de Mireille Havet. Conjuguant le panorama et le zoom, l’anecdote et l’interprétation, la biographe nous transporte des salons aristo aux cabarets, en passant par le casino de Juan-les-Pins, et jusqu’au sanatorium de Montana où celle qui, écartelée entre sa soif de jouissance et le degré zéro de sa volonté, se désolait de sa condition de femme «entretenue et paresseuse» s’éteignit le 21 mars 1932.” 2

«Aller au-devant, rompre, ne rien admettre, détruire et rejeter tout ce qui, même de très loin, menace une seconde l’indépendance, voici mes lois. Ce n’est pas une politique de la conciliation, c’est exactement une révolte.
Je ne mangerai pas de votre pain.
Je serai abracadabrante jusqu’au bout.»


  1. Mireille Havet : portrait Par Corinne Amar, Fondation de La Poste, 2005 [back]
  2. Mireille Havet. L’enfant terrible par Emmanuelle Retaillaud-Bajac Lire [back]

Si vous avez apprécié cet article, s'il vous plait, prenez le temps de laisser un commentaire ou de souscrire au flux afin de recevoir les futurs articles directement dans votre lecteur de flux.

Commentaires

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

(requis)

(requis)




Navigation : Home » Littérature, Livres » Blog article: Mireille Havet (1898-1932)