L’Anticoncept (1951) : oeuvre atochrone de Gil J. Wolman

“Le génie c’est ce que nous avons tous quand nous refusons de faire mieux pour faire autre chose. Quand nous refusons seulement d’avoir du talent.”

Gil Joseph WOLMAN (1964)

“Dans l’histoire du cinéma expérimental, 1951 apparaît aujourd’hui comme une année charnière, celle de la création des premiers films lettristes : “Traité de bave et d’éternité” d’Isidore Isou, “L’Anticoncept” de Gil J. Wolman et “Le film est déjà commencé ?” de Maurice Lemaître.”

Interview Maurice Lemaître, Septembre 2001

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Gil Joseph WOLMAN (Né en 1929 – Paris, France. Décédé en 1995 – Paris, France) :

En 1951, “Wolman réalise un film, L’anticoncept, qui prend acte de la destruction de l’image par le cinéma lettriste et réduit le film « à l’utilisation de sa quintessence : le mouvement ». Dans L’anticoncept, il créé un mouvement primaire qui couvre totalement l’écran, constitué par un ballon sonde, où alterne le noir au blanc ; la bande sonore est un long poème non-narratif entrecoupé de « mégapneumies », nouvelle poésie du souffle. Ayant fait scission d’avec le Lettrisme d’Isidore Isou en 1952, Gil Joseph Wolman fonde alors l’Internationale lettriste avec Guy Debord 1) : outre un Relevé d’ambiances urbaines au moyen de la dérive, il rédige avec lui en 1956 le Mode d’emploi du détournement qui fait suite à ses travaux de découpage de textes préexistants pour composer ses propres œuvres (J’écris propre, 1956). Exclu de l’Internationale lettriste en 19572, Gil Joseph Wolman entreprend en 1959 un nouveau travail plus résolument pictural, incluant des matières plastiques, des cirages, des papiers mâchés dans lesquels il inscrit des écritures et des graffitis. Avec l’Art scotch commence, en 1964, la période la plus prolifique du travail de Gil Joseph Wolman : il s’agit pour l’artiste d’utiliser des bandes adhésives pour arracher dans les journaux et les revues des fragments de textes et d’images qui restent inscrits dans la colle.3

(Extrait : L’anticoncept par Joseph Wolman)

Préface

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Film

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L’Anticoncept (1951) de Gil Joseph Wolman (1951) -60mn, 12sec (french no subtitles). [via Tofu Magazine]

Projeté pour la première fois le 11 février 1952 au cinéma-club “Avant-Garde 52″ sur un ballon-sonde, le film fut censuré après plusieurs incidents.

“De quoi s’agit-il ? D’un vaste travail de sape pour évacuer de l’écran tout concept, d’où le titre. Donc pas d’images à l’écran, ou plutôt si : une image autonome, détachée de toute histoire. Juste des scintillements de lumière blanche, renvoyés par une projection sur ballon sonde, sur fond d’improvisations “mégapneumiques” : pulsions, bâillements, râles, syllabes disloquées… ”

* Gil J. Wolman Éditions inconnues, disques et documents du vendredi 26 septembre au samedi 8 novembre 2008 — www.cipmarseille.com

Gil J. Wolman en rétropective 16/02/04 – Cinéma – Actu

* Intervention de Gil J Wolman, délégué de l’Internationale lettriste, au Congrès d’Alba, en septembre 1956 Internationale situationniste. 1958-1969. Librairie Arthème Fayard, Paris, mai
1997 (pdf)

Bibliographie

- « Défense de mourir », ouvrage paru à l’occasion de la rétrospective Gil J Wolman au Frac-Bourgogne et au Musée de l’Objet de Blois, en 2001, éditions Allia.

- Wolman, « Les inhumations », éditions Allia, 1995.

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Preface

Let X be the original. All art poses the elementary equation: movement of X. Progenitor of the cinematograph: movement of photography. 4

Emile Reynaud writes movement on the screen with photographs successively taken and projected at a given rhythm.

The Lumiere brothers simplify this process by photographing movement directly.

An art evolves by multiplying its origin by elements that are specific to it.

The evolution of the cinematograph is marked by optical variation and variation of movement and their combinations: close-ups and other shots.

In 1896, Promio gives a second dimension to movement by introducing the first travelling shots.

Thus furnished with its specific means, the cinematograph begins to express a new reality by an original stylization. It produces several masterpieces.

Then, without laying the problem to rest with the reproduction of speech, [the cinematograph] perfects its technology on the criterion of precision, to the point that it ceases to interpret in order to reproduce reality, whether real or novelistic.

The cinematograph had arrived at that stage, when in 1951 Isou destroys photography in favor of sound; and in surprise one saw a most banal fish in the sea take on an unaccustomed relief by means of a love story that unreels on the sound track.

The same year, Gil J Wolman realizes his first cinechronic film, which he calls by abbreviation and to mark the difference with the cinematograph: ATOCHRONE.

The Anticoncept – Cinematochronic Argument For A Physical Phase of the Arts


  1. Guy-Ernest Debord / Gil J. Wolman — Mode d’emploi du détournement Paru initialement dans LES LÈVRES NUES N.8 (MAI 1956 [back]
  2. Textes en performance Colloque international Genève, 27-29 novembre 2003 Guilhem Fabre, Université Paris 7-Denis Diderot France – Gil Wolman et François Dufrêne: du récital lettriste à la performance
    “Why Lettrism?” by Guy-Ernest Debord and Gil J Wolman
    Potlacht #22, 9 September 1955, trans. 1997 by Luther Blisset & NOT BORED!
    [back]
  3. Frac Bourgogne [back]
  4. Cinema : film history since 1880 [back]

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