Compagnie KÄFIG : “Terrain vague” (sur Numeridanse)
Mourad MERZOUKI : De l’école du cirque à la danse hip-hop…
Né à Lyon en 1973, d’origine kabyle, Mourad Merzouki débute dès l’âge de sept ans avec les arts martiaux et les arts du cirque. A quinze ans, sa rencontre avec la culture hip-hop l’emmène vers le monde de la danse. Il décide très vite de développer sa gestuelle hip-hop avec des objectifs plus professionnels, mais n’hésite pas dans le même temps à se confronter à d’autres langages chorégraphiques auprès notamment de Maryse Delente, Jean-François Duroure et Josef Nadj. La richesse de son parcours lui donne cette envie très forte de réaliser des projets artistiques, mêlant le hip-hop à son apprentissage de la scène et du spectaculaire, et c’est ce qu’il fait en créant en 1989, avec d’autres danseurs, sa première compagnie. En 1994, la compagnie présente Athina, lors de la Biennale de la Danse de Lyon, un véritable succès qui réussit à transposer le hip-hop de la rue à la scène, sans lui faire perdre sa véritable identité. Le premier voyage le conduit dans les camps de réfugiés en Croatie, pendant la guerre. Il fait l’expérience que la danse peut être un puissant moyen de communiquer dans des circonstances difficiles et extrêmes. Pour développer son propre univers artistique lié à son histoire et sa sensibilité, Mourad Merzouki décide de fonder, en 1996, sa propre compagnie KÄFIG. 1
Käfig qui signifie la cage, en allemand et en arabe, est également le titre de la première pièce que le chorégraphe présente aux “Rencontres urbaines de la Villette“, au cours desquelles il obtient déjà, une grande reconnaissance du public et des professionnels.
Käfig s’impose rapidement avec un style original, aux frontières de l’acrobatie, des arts martiaux, de la poésie et du rap.
Depuis 1996, Mourad Merzouki n’a eu de cesse de renouveler le langage du hip-hop, en le provoquant, en le détournant de son sens premier afin de le porter sur scène, avec une grande diversité chorégraphique, scénographique et esthétique.
TERRAIN VAGUE
Pièce de Mourad Merzouki
Avec Kader Belmoktar , Mourad Merzouki , Olivier Boyer , Vincent Gomez , David Soubies , David Rodriguez , Jennifer Suire , Carima Amarouche , Mickaël Arnaud , Rémi Autechaud
En 2006, Mourad Merzouki travaille sur sa création Terrain Vague. Ce spectacle, créé en janvier à la Maison de la Danse de Lyon, revisite un univers qui est cher au chorégraphe : le cirque.
Danseurs hip-hop et artistes issus du théâtre et du cirque partagent le plateau.
Terrain Vague : un lieu laissé à L’abandon et du coup un endroit ouvert, disponible où tout peut s’inventer.
Mourad Merzouki :
“Pour cette nouvelle création, j’ai réuni sur un même plateau ce qui fut ma première approche du spectacle : le cirque, ce qui est jusqu’à aujourd’hui mon moteur : la danse, et ce vers quoi je tends aussi : une certaine forme de théâtralité.
Les artistes qui partagent avec moi cette aventure sont danseurs, acrobates et comédiens. De cette somme d’individualités, forte de ses particularités, fusionne un groupe qui fait corps, au service d’une histoire. C’est autour de ce groupe que convergent toutes ces énergies, celle du hip-hop étant proche de celle du cirque.
Pour créer mon spectacle, je suis parti d’un lieu : le terrain vague. Une certaine nostalgie me lie à ce type d’endroit où chacun peut venir en toute liberté, construire, détruire, jouer, créer. Un endroit de passages, de rencontres, de vies… Plus jeune, c’était mon aire de jeux.
Considéré habituellement comme un « non-lieu » dans un paysage urbain divisé et concentré, où le sentiment d’étouffement domine, le terrain vague est aussi pour moi comme une bulle d’air, une respiration en dehors de toute contrainte extérieure. Un lieu où la vie s’insinue avec ses codes et ses règles propres, un lieu de tous les possibles. Un lieu à l’image des personnes qui y vivent,
marginalisées par le monde extérieur.Des personnes s’approprient le terrain, engagent des vies – des corps vivants mais fragiles – éphémères puisqu’elles se terminent par une évacuation. Un terrain désolé avant l’arrivée des machines, avant que ne commence le chantier, avant la destruction de la vie sociale qui existait là, de la nature qui avait poussé.
Je ne veux pas faire du spectacle une analyse sociale du « terrain vague ». Je le déplace sur scène et j’y montre d’une manière parfois burlesque et décalée comment se déroule la vie dans ce microcosme haut en couleur. Le décalage avec la réalité est volontaire. La précarité de la vie dans ce genre d’endroit est évidente mais c’est aussi de la force des relations qui se nouent dans ces lieux dont j’ai envie de parler dans le spectacle.
source : PARCOURS ARTISTIQUE DE LA COMPAGNIE KAFIG
(pdf) www.kafig.com
Numeridanse : La vidéothèque de danse en ligne
“Le projet Numéridanse, initié par la Maison de la Danse de Lyon et dirigé par Charles Picq, se donne pour objectif la constitution d’une base de données numérique d’informations audiovisuelles relatives au monde de la danse et de la chorégraphie. Il a pour but de rendre ces données accessibles au grand public, aux professionnels et au monde de l’éducation, à travers des outils spécifiques de présentation et de consultation qui respectent la qualité artistique des oeuvres et les droits de diffusion et d’accès aux contenus.”
Plaquette de la Maison de la Danse (pdf)
Extrait de “Terrain vague” de Mourad MERZOUKI sur Numeridanse
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“Retrouvant l’enfance, le chorégraphe renoue avec des sensations brutes toutes de chaleur, de partage et d’émulation. Son terrain vague est le paradis de la marginalité poétique, on y croise la petite vieille qui rentre des courses, la jolie fille qui enflamme le cœur tendre des loubards, les jeunes en mal de vivre, ceux qui dansent pour un peu de chaleur humaine.
À l’ombre d’une lune en carton-pâte, devant une toile peinte, autour d’un lampadaire posé là, au beau milieu d’une pelouse microscopique, un peu à l’étroit dans des vestes trop courtes, les chaussettes roulées sur les chevilles, les neufs interprètes, danseurs et circassiens, ne tiennent pas en place ! Leur danse est d’une virtuosité magnétique, mêlant les vocabulaires, inventant de nouveaux langages, invitant à de nouveaux partages. Comme ce jeune homme aux mains immenses qui dessine un nouvel alphabet avec son corps disloqué, le Terrain vague de Merzouki porte les espérances d’une nouvelle Babel, s’offrant à tous, car appartenant à chacun. ”
Terrain Vague direction artistique, chorrégraphie : Mourad Merzouki (Maison de la culture d’Amiens) 2007

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«Qu’il s’agisse de la danse, d’une virtuosité magnétique, des neuf interprètes tous en accès direct, de la musique au flux épais, du décor pseudo-réaliste avec sa palissade en bois, ce Terrain vague appartient à l’imaginaire de chacun.»
Rosita Boisseau – Le Monde
- 12 juin 2006 : Mourad Merzouki a reçu le prix « Nouveau Talent Chorégraphie » de la SACD.
14 juillet 2004 : Mourad Merzouki a été promu Chevalier des Arts et des Lettres par le Ministre de la Culture et de la Communication 30 mai 2004 : Mourad Merzouki a reçu le prix de meilleur jeune chorégraphe au Festival International de Danse de Wolfsburg en Allemagne [back]
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