Monsieur de Sainte Colombe, Maître de Marin Marais
« Tous les matins du monde sont sans retour »
Marin Marais
Marin Marais (31 mai 1656-15 août 1728) était violiste, (musicien jouant de la viole de gambe).
En 1679, il obtint une charge de « joueur de viole de la musique de la Chambre » dans la Musique du roi Louis XIV, poste qu’il conserva jusqu’en 1725. Entre-temps, Lully, l’intendant de la musique, lui avait confié souvent la direction de l’orchestre de l’Opéra. Marin Marais composera d’ailleurs quatre oeuvres lyriques pour l’Académie royale de musique, dont son célèbre Alcyone. Il fut le plus célèbre violiste de son temps et un farouche partisan de la musique française, aux dépens de la musique italienne. Marin Marais contribua grandement à la renommée de cet instrument.
« Il est vrai qu’avant Marais Sainte Colombe faisoit quelque bruit pour la viole ; il donnoit même des Concerts chez lui, où deux de ses filles jouoient, l’une du dessus de Viole, et l’autre de la basse, et formoient avec leur père un Concert à trois Violes. Sainte Colombe fut le maître de Marais ; mais, s’étant aperçu au bout de six mois que son Elève pouvoit le surpasser, il lui dit qu’il n’avoit plus rien à lui montrer. Marais qui aimoit passionément la Viole, voulut cependant profiter encore du sçavoir de son Maître, pour se perfectionner dans cet Instrument ; & comme il avoit quelque accès dans sa maison, il prenoit le tems en été que Sainte Colombe étoit dans son jardin enfermé dans un petit cabinet de planches, qu’il avoit pratiqué sur les branches d’un Mûrier, afin d’y jouer plus tranquillement & et plus délicieusement de la Viole. Marais se glissoit sous ce cabinet ; il y entendoit son Maître, & profitoit de quelques coups d’Archets particuliers que les Maîtres de l’Art aiment à se conserver ; mais cela ne dura pas longtems, Sainte Colombe s’en étant aperçu & s’étant mis sur ses gardes pour n’estre plus entendu par son Elève : cependant, il lui rendoit toujours justice sur le progrès étonnant qu’il avoit fait sur la Viole ; et étant un jour dans une compagnie où Marais jouoit de la Viole, ayant été interrogé par des personnes de distinction sur ce qu’il pensoit de sa manière de jouer, il leur répondit qu’il y avoit des Elèves qui pouvoient surpasser leur Maître, mais que le jeune Marais n’en trouveroit jamais qui le surpassât »
Évrard Titon du Tillet, Le Parnasse françois, 1732, article « Marin Marais »
Les musiciens français antérieurs à Marin Marais (2) par Jonathan Dunford Transcription de Martin de Loye (L’ÉCHO de la VIOLE, Publication de la Société Française de Viole ©2000)
Marin Marais, violiste et compositeur fançais naquit à Paris en 1656. Il fut, dès l’âge de 16 ans, le disciple du violiste Sainte-Colombe. L’épisode véridique qui le fait écouter son maître en cachette au fond d’un cabanon fut le point de départ du film “Tous les matins du monde”.
“Tous les matins du monde”

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Film français réalisé par Alain Corneau sorti en 1991, tiré d’un éponyme écrit par Pascal Quignard.
Sur la fin de sa vie, Marin Marais, violiste du XVIIe siècle, se remémore ses souvenirs de jeunesse et en particulier son apprentissage de la viole de gambe auprès de son maître Sainte Colombe, et de ses deux filles Madeleine et Toinette. Retiré du monde, enfermé dans sa musique après le décès de son épouse, Sainte Colombe fut profondément influencé par les idées jansénistes de Port-Royal.
La viole de gambe est née d’un croisement entre le rabab (instrument arabe) et la guitare primitive espagnole (vihuela da Espagnole en Italie, l’instrument a été modifié ; il a été équipé d’un chevalet rond et plusieurs tailles de violes ont été créées.

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La viole de gambe est un instrument muni de cinq cordes aux 15e et 16e siècles, du moins en France,auxquelles s’ajoutèrent jusqu’à trois autres cordes au 18e siècle. L’instrument est muni de sept ou huit frettes entourant le manche (la frette est la partie surélevée située le long de la touche). C’est le contact entre la corde et la frette de la viole qui produit un son aussi riche en harmoniques.
Dessine-moi une viole de gambe Société française de la viole de gambe,
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Juristes et jansénistes
La première des 5 propositions jansénistes condamnées en 1653 pour hérésie affirmait :
Quelques commandements de Dieu sont impossibles à accomplir aux justes qui les veulent et qui s’y efforcent selon les forces qu’ils ont actuellement. Il leur manque aussi la grâce qui les rendrait possibles. 1
Robert Arnauld d’Andilly 2 né le 28 mai 1589 à Paris et mort à l’abbaye de Port-Royal-des-Champs le 27 septembre 1674, était un conseiller d’État, spécialiste des questions financières, proche de Marie de Médicis. Fervent catholique, il a joué un rôle important dans l’histoire du jansénisme, et fut l’un des Solitaires de Port-Royal-des-Champs.
À partir de 1611, grâce à la protection de la reine-mère Marie de Médicis, Robert Arnauld d’Andilly assiste au Conseil d’Etat, aux côtés de Nicolas de Neuville de Villeroy, Nicolas Brûlart de Sillery, Pierre Jeannin, Concino Concini et son épouse Léonora Dori, le Père Coton, Louis Dolé et l’ambassadeur d’Espagne et le nonce Guido Bentivoglio. C’est ce dernier qui, en 1621, emmènera Henry, le frère de Robert, lors de son retour à Rome, lui ouvrant la voie à la carrière épiscopale. Pendant ce voyage, Robert Arnauld défend les intérêts du Nonce en France.
Antoine Le Maistre (1608-1658) était un avocat janséniste français. Il était le fils d’Isaac Le Maistre et de Catherine Arnauld, fille aînée de l’avocat Antoine Arnauld (1560-1619).
- Jansénisme
Le jansénisme Vincent Carreau, 1996 Eglise réformée d’Auteuil [back] - fils aîné de l’avocat au parlement de Paris Antoine Arnault (1560-1619) qui fut procureur général de Catherine de Médicis [back]
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