Brideshead Revisited
Et in Arcadia ego
An inevitable taste for “Basic english”, forcefully promoted by I. A. Richards, and an ever enduring fascination for Nicolas Poussin, premier peintre ordinaire du roi, whose painting rendered the latin expression “Et in Arcadia ego” famous, provide the farfetched ingredients for a perfect and timely summer reading.
Brideshead Revisited (2008) directed by Julian Jarrold
Published in 1945, just as the Second World War was drawing to an end, Brideshead is a classic fin de siècle story in which the “between the war” years are portrayed as the last period during which the old order in English society still existed. 1

___________________
It was a bleak period of present privation and threatening disaster — the period of soya beans and Basic English — and in consequence the book is infused with a kind of gluttony, for food and wine, for the splendours of the recent past, and for rhetorical and ornamental language which now, with a full stomach, I find distasteful
Evelyn Waugh, about his “magnum opus” : Brideshead Revisited (subtitled The Sacred and Profane Memories of Captain Charles Ryder) - 1945
En Grande-Bretagne avant la seconde guerre mondiale, Sebastian Flyte fait la rencontre de Charles Ryder à l’université d’Oxford. Mais bientôt Sebastian sombre dans l’alcool, Charles va tenter de l’aider et fait la rencontre de l’étrange famille de Flyte, en particulier de son énigmatique soeur Julia.
_______________
A Companion to Evelyn Waugh’s Brideshead Revisited by David Cliffe
Castle Howard is one of Britain’s finest historic houses
- Movie Review: Brideshead Revisited July 24th, 2008 by Paddy Briggs [back]
Kandinsky : du spirituel sur place

photo : Crédit : REUTERS/Alexandra Beier
_______________
La peinture est un art, et l’art dans son ensemble n’est pas une création sans but qui s’écoule dans le vide. C’est une puissance dont le but doit être de développer et d’améliorer l’âme humaine.
Vladimir Kandinsky, Du spirituel dans l’art (1911)
500 écoliers et citoyens de la ville bavaroise de Weilheim, située dans le sud de l’Allemagne, ont peint les 8000 pavés de la grande place du marché Marienplatz de 2100 m² en reproduisant une oeuvre 1 de Kandinsky (1866-1944), simplifiée à 40 teintes. 2
Ein Kandinsky für Weilheim www.kandinsky-weilheim.de
webcam Livestream
________________
An undistinguished early Kandinsky such as Weilheim-Marienplatz (43 by 33 centimeters) will sell for $4 million or so by Sotheby’s estimate.
Admit it - you really hate modern art By Spengler, Jan 30, 2007, Asia Times
2100 Quadratmeter Kandinsky merkur-online.de 2.04.2008 “Der größte Kandinsky der Welt”
- Das Bild ,,Weilheim-Marienplatz” ist ein original Kandinsky und im Jahr 1909 entstanden. [back]
- Un Kandinsky sera reproduit à Marienplatz AFP 8 juillet 2008 Berlin [back]
Philippe Petit : le funambule qui dansait entre les Twin Towers
Le crime artistique du siècle
Philippe Petit in “Man on Wire.” (Jean-Louis Blondeau/Polaris)

_____________
En 1974, le funambule français Philippe Petit a eu l’audace de tendre son fil entre les deux tours du World Trade Centre, qui venait alors d’être construit. Cela lui a valu une arrestation pour ce qu’on a appelé le “crime artistique du siècle“. A travers son documentaire, le réalisateur James March retrace l’incroyable histoire de cet exploit et de ses six années de préparation.
Traité du funambulisme
“Hé”, me dit un jour un vieil Indien de la forêt vierge d’Amazonie, alors que je touchais un câble d’acier qui souffrait d’être trop tendu, “ne fais pas mal au câble, son âme est tendre”. Un câble chante, transpire, éructe et avant de se rompre sonne malade, et lorsqu’on le touche il fait entendre une plainte. Quand finalement il se rompt, de la fumée s’échappe et les torons incandescents rougissent de colère. Je sais de quoi je parle car j’ai hissé un navire par-dessus une montagne, et je sais que dans ce livre tout est vrai. Voici un livre sur la peur et sur la solitude, un livre sur le rêve et la poésie, sur les hauteurs cruelles et les nobles audaces, sur l’équilibre majestueux et immobile d’un autre monde, sur la chute et sur la mort. 1

______________
On the morning of Aug. 7, 1974, after months of preparation and years of dreaming, a French daredevil named Philippe Petit stepped into the sky above Lower Manhattan. For almost 45 minutes he ambled back and forth on a metal cable strung between the towers of the World Trade Center, a feat of illegal tightrope walking that, according to a New York Police Department sergeant who recounted Mr. Petit’s act of physical poetry in dry press-conference prose, would more aptly be described as dancing. (…) The destruction of the twin towers in the terrorist attacks of Sept. 11, 2001, revived the memory of that earlier aesthetic assault on the buildings, which is now the subject of “Man on Wire,” James Marsh’s thorough, understated and altogether enthralling documentary.
Walking on Air Between the Towers By A. O. SCOTT, New York Times July 25, 2008
_______________

_______________
Philippe Petit :
“I am in the middle of nowhere, I am holding on to nothing, I am the play of the winds,” “I am an outlaw and I should not be there,” “And yet I walk, and I maybe even fly!”. “I write in the sky with my body”. “I create a poem in it.”2
Youssef Chahine (1926-2008)
Cannes 1997 : Youssef Chahine, récompensé pour l’ensemble de son oeuvre
Le cinéaste Youssef Chahine, Prix du Cinquantième anniversaire du Festival de Cannes en 1997, est décédé ce dimanche 27 juillet 2008 à l’hôpital militaire de Maadi (banlieue du Caire). 1
Je n’ai jamais eu peur de la mort. Je ne l’ai jamais entendue venir. La seule chose qui m’effraye, ce sont les fanatiques. Mais j’ai compris que je m’étais égaré. J’aspirais à être éternel, plutôt que de laisser une oeuvre. Et une oeuvre n’a de portée que si l’on dit sa propre vérité. Jusqu’alors, j’avais filmé des opinions plutôt de gauche. Moi qui avais toujours craint d’être découvert, je me suis rendu compte que ce qui m’importait, c’était de raconter mon histoire. Je me suis demandé si j’aurais la force de me regarder en face.” 2
Rencontre avec Dieu à Saint-Germain des Prés
Je suis né dans une famille chrétienne et suis alexandrin. J’ai passé ma jeunesse en paix, au milieu de multiples nationalités, races et religions. C’est, plus que jamais, ce que je souhaite vivre aujourd’hui dans mon pays. Je n’évoque pas Alexandrie par vanité, mais parce que telle était l’harmonie de son monde. Alors, à qui s’en remettre pour l’avenir ? A Dieu ? Je l’ai rencontré chez vous, à Paris, dans l’église Saint-Germain-des-Prés. J’entre. Le Christ me fixe. Je fais comme don Camillo. Je lui dis : « Cesse de me regarder, toi qui m’as fais souffrir depuis l’âge de 7 ans, en ayant laissé mourir mon grand frère. » Il me répond : « Mais je n’ai rien fait. » Je me radoucis : « Si tu cesses de te comporter en autocrate, je finirai peut-être par croire en toi. » Il me dit : « Je te propose de croire en moi. » Je lui réponds : « Laisse-moi sortir pour respirer un air qui ne soit pas chargé d’encens. Je vais prendre ma décision. » Je suis parti sans retour, demeurant indécis. 3
Les temps de Hollywood
” Il y a eu trois périodes à Hollywood. Le temps de l’élégance, des danseurs magnifiques et des plus belles filles du monde qui descendaient des escaliers blancs. Puis est venu le règne de Brando : il fallait cracher, se gratter, sentir mauvais. Vous avez vu comme Travolta dansait mal ? Enfin, l’ère la plus conne, c’est celle de Stallone, des crapules à sale tête et à la brutalité incroyable. Avant, on voyait une voiture se crasher, aujourd’hui, c’est dix voitures qui en percutent dix autres, plus un hélicoptère qui leur tombe dessus, et un train qui saute, et la bombe atomique qui explose. “
Alexandria New York
Chahine a tourné Alexandrie… New York, c’est ” pour dire qu’ [il] aime l’Amérique. Elle est fustigée par toute la presse arabe, qui se répand en insultes, en invectives. Mais je sais que dans l’âme des Egyptiens le rêve américain est encore là. Ils ne rejettent pas le pays, ils sont fâchés contre le régime. Il y a de quoi ! Toutes ces choses horribles qu’on voit à la télé, contre les Palestiniens, perpétrées avec des armes américaines ! Comment voulez-vous qu’ils se rencontrent, les uns et les autres ? Pour pouvoir dialoguer, il faut plus que tolérer, il faut aimer l’autre ! C’est-à-dire aimer sa différence. Je suis en colère, mon film a failli s’appeler La Rage au coeur ! Je suis furieux contre ce qu’ils ont fait en Irak. Mais Bush, ce n’est pas l’Amérique. L’Amérique, c’est mes copains, mes professeurs, mes danseuses ! “
_____________
Le destin - Al Massir (1997)
La vie d’Averroès (1126-1198) a été retracée dans ” Le Destin “, le film de Youssef Chahine (coproduction franco-égyptienne) primé au Festival de Cannes en 1997 (Prix du 50e anniversaire du festival qui a récompensé l’ensemble de l’œuvre cinématographique du réalisateur.
Titre original: al-Massir
Genre: Drame Durée: 2h15 Pays: Egypte
Réalisé par: Youssef Chahine
Avec: Nour El-Sherif, Laila Eloui, Mahmoud Hemida, Safia El Emari, Mohamed Mounir, Khaled El Nabaoui, Seif El Dine, Abdalla Mahmoud, Ahmed Fouad Selim, Magdi Idris
Synopsis :
Désirant amadouer les intégristes, le calife el-Mansou ordonne l’autodafé de toutes les oeuvres du philosophe andalou Averroès né à Cordoue dont les concepts influenceront non seulement l’age des Lumières en Occident, mais toute la pensée humaine. Les disciples d’Averroès et ses proches décident d’en faire des copies et de les passer à travers les frontières.
Rencontres d’Averroès – 15e édition «Entre Islam et Occident, la Méditerranée ?» 7 & 8 novembre 2008
____________________
Filmographie
* 1950 : Papa Amin (Baba Amin)
* 1951 : Le Fils du Nil (Ibn al-Nil)
* 1954 : Ciel d’enfer (Sira` fi al-Wadi), 1er film interprété par Omar Sharif
* 1956 : Les Eaux noires (Sira` fi el-Minaa)
* 1957 : C’est toi mon amour (Inta habibi)
* 1958 : Gare centrale (Bab al-Hadid)
* 1963 : Saladin (Al Nasser Salah Ad-Din)
* 1964 : L’Aube d’un jour nouveau (Fagr Yom gedid)
* 1965 : Le Vendeur des bagues (Biya el-Khawatim ), tourné au Liban, avec la chanteuse Fairuz
* 1969 : La Terre (Al-Ard) adapté d’un roman d’Abd al-Rahman al-Charqawi
* 1970 : Le Choix (Al-Ikhtiyar)
* 1972 : Le Moineau ( El asfour)
* 1976 : Le Retour de l’enfant prodigue (Awdet el ebn el dal)
* 1978 : Alexandrie pourquoi (Iskandariyah.. lih?)
* 1985 : Adieu Bonaparte (Wadaan Bonabart)
* 1986 : Le Sixième Jour (al-Yawm al-Sadis)
* 1990 : Alexandrie encore et toujours (Iskandariyah Kaman wa Kaman)
* 1991 : Le Caire, raconté par Youssef Chahine (Al Qahera menawara be 2ahlalaha)
* 1994 : L’Émigré (Al-Mohagir)
* 1997 : Le Destin (Al-Massir)
* 1999 : L’Autre (Al-Akhar)
* 2001 : Silence? on tourne (Sokoot..Hansawwar)
* 2002 : Un court-métrage dans 11′09″01 - September 11 (film collectif)
* 2004 : Alexandrie-New York (Iskandariyah.. New York)
* 2007 : Le Chaos ( co-réalisé par Khaled Youssef)
- Né en 1926 à Alexandrie, Youssef Chahine quitte l’Egypte en 1947 pour étudier le cinéma près de Los Angeles, avec le rêve de devenir comédien. De retour un an plus tard, l’opérateur Alvise Orfanelli, pionnier du cinéma en Egypte, lui permet de réaliser en 1950 son premier film, Papa Amin. Cinéaste engagé, Youssef Chahine ne cesse de dénoncer la censure et l’intégrisme. Dans L’ Aube d’un jour nouveau (1964), il brosse un portrait critique de l’intellectuel dans Le Choix (1970), analyse la société de son pays et critique l’affairisme dans Le Moineau (1973). Très contestataire, le cinéaste fait même un séjour en prison, en 1984, pour diffusion d’un film interdit par la censure. (…) En 1978, il signe Alexandrie pourquoi ?, un retour sur sa jeunesse en Egypte qui remporte un Ours d’argent et le Grand Prix du jury au Festival de Berlin. Quatre ans plus tard, Youssef Chahine réalise La Mémoire, le premier volet d’une trilogie autobiographique. Alexandrie encore et toujours en 1989 et Le Destin en 1997 viennent compléter cette trilogie. Youssef Chahine présente le long-métrage à Cannes la même année et obtient le Prix du cinquantième anniversaire. [back]
- Youssef Chahine, un cinéaste à coeur ouvert Le Monde, 27.07.08 [back]
- A quoi sert mon cinéma ? par YOUSSEF CHAHINE - Intitulée «Egypte : montée des islamistes et victoire gouvernementale. Mon prochain film s’intitule “le Chaos”» , cette tribune est parue le 7 janvier 2006 dans Le Figaro Magazine [back]
Wolfgang Paalen (1905- 1959)
Wolfgang Paalen est un peintre surréaliste né en 1905 à Baden (Autriche), mort en 1959 à Taxco (Mexique). 1
Porté dans un premier temps vers les mouvements d’abstraction, il proposa une technique picturale, le fumage. Il rejoignit les milieux surréalistes après ses expositions à Paris.
«Il me semblait quitter une ambiance de sourds-muets, pour me trouver enfin avec des hommes entiers. Dans le surréalisme seulement je trouvais l’expérience entièrement vécue, l’héroïque essai d’une synthèse intégrale qui n’admettait plus de séparations arbitraires, entre l’expression plastique et la poésie, entre la poésie et la vie».
Wolfgang Paalen: “Le genie de l’espece” (1938), © Stiftung Wolfgang und Isabel Paalen, Mexico2

Wolfgang Paalen
_______________________
Avec le peintre César Moro, il organise la première exposition internationale du surréalisme à Mexico (1940), puis il fonde avec Gordon Onslow-Ford la revue « Dyn » (1941). 3
The Paalen Archive goes back to a personal collection of materials about the Austrian born artist and thinker Wolfgang Paalen (1905 Baden/Vienna - 1959 Taxco/Mexico) started in 1986 in Paris by the writer and art historian Andreas Neufert.
__________
Wolfgang Paalen, Artist and Theorist of the Avant-Garde 285 pages, publié en anglais par Praeger, Westport, Connecticut, 2003 par Susan POWER
- Wolfgang Paalen sur le blog Détour des mondes [back]
- A Material Matter: Marcel Broodthaers’ Use of Bones as a Surrealist Intervention against the Political Cult of the Dead Author: Sebastian Hackenschmidt November 2005 [back]
- Autour de Dyn : le dialogue entre Péret et Paalen Richard Spiteri [back]


Je suis né dans une famille chrétienne et suis alexandrin. J’ai passé ma jeunesse en paix, au milieu de multiples nationalités, races et religions. C’est, plus que jamais, ce que je souhaite vivre aujourd’hui dans mon pays. Je n’évoque pas Alexandrie par vanité, mais parce que telle était l’harmonie de son monde. Alors, à qui s’en remettre pour l’avenir ? A Dieu ? Je l’ai rencontré chez vous, à Paris, dans l’église Saint-Germain-des-Prés. J’entre. Le Christ me fixe. Je fais comme don Camillo. Je lui dis : « Cesse de me regarder, toi qui m’as fais souffrir depuis l’âge de 7 ans, en ayant laissé mourir mon grand frère. » Il me répond : « Mais je n’ai rien fait. » Je me radoucis : « Si tu cesses de te comporter en autocrate, je finirai peut-être par croire en toi. » Il me dit : « Je te propose de croire en moi. » Je lui réponds : « Laisse-moi sortir pour respirer un air qui ne soit pas chargé d’encens. Je vais prendre ma décision. » Je suis parti sans retour, demeurant indécis. 

